bid., I*partie, t. IV, chap.ix, art. IV, pp
Le # L ' à » af | ee ;
rance, c’est-à-dire la liberté de tout croire et de tout enseigner, excepté la religion !. » De leur côté les Déistes disent que la religion naturelle est seule vraie, seule nécessaire, et qu'on n’en doitautoriser exclusivement aucune autre. « Quand
on leur demande en quoi consiste cette prétendue religion
naturelle, ils ne peuvent le dire; elle se réduit pour chaque individu à croire et à faire ce qu’il juge à propos ?. »
Il est encore un troisième sens du mot tolérance : « Parmi les différentes communions Chrétiénnes, la tolérance se prend dans un sens théologique, pour la possibilité de faire son
. salut dans telle religion. » C’est ainsi que les Calvinistes accordent la tolérance aux Luthériens et la refusent aux So-
ciniens ; quelques-uns accordent, d’autres nient qu’on puisse
faire son salut dans la religion catholique. Mais Papin, dans
son Trailé sur la Tolérance, et Bossuet dans son Sixième Avertissement aux Prolestants, leur ont montré « qu’ils étendent ou restreignent la tolérance théologique à leur gré
et sans fondement ; que, selon leurs principes, ils ne peuvent
la refuser à personne, pas même aux Païens ni aux Athées?». Enfin « la tolérance se prend encore pour la charité fraternelle qui doit régner entre tous les hommes, de quelque nation et
de quelque religion qu'ils soient. Dans ce sens, nous sou-
tenons que le Christianisme est la plus tolérante de toutes les religions ; aucune autre ne commande aussi rigoureusement la charité universelle. Nous ajoutons dans le même sens
que les Incrédules sont les plus intolérans de tous les hommes ».
Que demandent-ils en effet quand ils réclament la tolérance ? L’indifférence des religions ? Un catholique ne peut abjurer la sienne. La charité fraternelle ? On la leur accorde. Mais ils veulent la liberté d'attaquer la religion, le gouvernement qui la protège. C’est d’après eux un droit naturel #.
Or, on peut montrer qu’au sens où ils la prennent, la Tolérance est limitée par les incrédules eux-mêmes. L’auteur prouve par des textes que les déistes condamnent les athées au dernier supplice, tandis que les athées y condamnent les déistes et les sectateurs de toutes les religions ?. Ils
1. BERGIER, Traité dogmatique, etc., t. IV, p. 3. 2. 1bid., pp. 3-4.