Arch. des Frères de l'Instruclion chrétienne, n
4. Inédit. /bid. La lettre n’est pas datée, mais M. de La Mennais écrit * « Je compte eufin quitier Paris lundi prochain. » Or le carnet inédit de voyage de Louis-Marie de La Mennais indique, à la date du dimanche 26 septembre 1802 (4 vendémiaire an XI): « Partis de Paris à 7 h. du soir pour Bordeaux. Il faut donc dater cette lettre fin septembre 1802 et plus exactement, entre le lundi 20 et le dimanche 26 septembre.
tendez bien : l’huile d’un côté, le vinaigre de l’autre; soyons précis, car c’est affaire d'importance. - Passons sur des détails du même genre, relatifs à l’emplette d'un vin qu’il faudra garder pour soi, surtout, quand il sera arrivé à destination !, ét venons-en au gouvernement du
jardin et des terres qui inspire à l’armateur des recommanda-
tions minutieuses, détaillées. On sent que l'intérêt dominant, après les affaires, est là. Il faut « planter des patates dans le grand quartier; comme la moitié est déjà eu pois et en fèves, il suffira d'en mettre dans le reste ? ». Les économies de fumier et de terreau, « cette matière précieuse », sont recommandées ; ne l’a-t-on pas un peu gaspillé en employant pour le jardin tout celui que le maitre du logis avait caché dans la planche vis-à-vis les couches en brique? Hélas! on a découvert la cachette. Mais on a bien fait de commencer la taille de bonne heure, puisqu'il n’a pas gelé cette année.
Voilà maintenant des prescriptions détaillées sur l’emploi de
graines qu'on fait expédier par Vilmorin*. En voici d’autres sur le foin, qu'il faut avertir Marie, leur sœur, de ménager ; la luzerne repousse- -t-elle 6? Que fera-t-on pousser dans l’enclos, et qu’en pense Mathurin?? N'oublions pas les vaches : il faut vendre la vache stérile pour en avoir une autre, et ne pas hésiter à la payer plus cher pour l'avoir bonnes. Mais voilà une idée : recueillons-la : « J'aurais l’idée d’acheter un cochon à la Saint-Servan, que nous nourririors cet été pour le tuer vers Noël. Il faudrait prendre une bête de 7 à 8 mois, ce qu'on appelle une bonne nourriture”. »
Ainsi, ce qui intéresse d’abord ce gentilhomme campagnard en voyage, c’est la culture, labourage, pâturage, semailles, récoltes, vie rurale, dans les pays qu'il traverse.
. Inédit. Arch. des Frères, n° 110. Lettre du 3 avril 1803. . Ibid. Inédit. Lettre du 1° février 1803.
. Ibid. Lettre inédite du 3 avril 1803.
. Ibid. Lettre inédite du 1: février 1803.
. Ibid.
. Ibid.
. Ibid., fin septembre 1802.
. Ibid. Ce passage est plein de finesse, d'esprit et de cœur : « Pendant que les vaches donneront du lait, il faut en profiter, et en vendre deux à la fin de décembre. Marie dira celles qu’elle veut garder, ce qui déterminera ceiles à vendre. Il ne faut pas lui donner le chagrin de prononcer leur arrest de mort. D’ailleurs elle imitera le Sénat. Il s’est conduit ainsi pour désigner les 14 tribuns qui sortent cette année. »
9, Inédit. Zbid. Lettre du 4 avril 1803.
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Il en décrit sans se lasser et sans crainte de lasser ses fils auxquels il s’adresse, toutes les particularités originales : labourage après les semailles, par quinze ou vingt charrues à la fois, et tous les deux ans, par exemple, renseignements sur la volaille ou le gibier, détails sur les maisons et les rues!. Et c’est pour conclure à l’avantage de Saint-Malo : « Ne nous plaignons pas de ce que la providence nous à accordé : notre lot est bien le meilleur?. »
Du reste, s’il ne fait grâce à ses correspondants d'aucune de ses marches et contremarches, embarquements et débarquements, courses en coche ou à cheval, dont il additionne consciencieusement les lieues ?, il s'intéresse aussi aux mœurs et aux événements politiques. IL se scandalise de la déprava tion des habitants de Madrid, des vices des grands et du clergé, des habitudes des étudiants qui vont jusqu'à mendier sur les grands chemins et qui, s’ils sont riches ou aisés,
mènent la vie la plus licencieuse#, du caractère frivole de la-°
semaine sainte en Espagneÿ.
La politique non plus ne le laisse pas indifférent. Ie om munique les nouvelles d'Espagne et surtout ses craintes d'une guerre qui ruinerait Cadix 7. Il attend impatiemment les nouvelles de France$, sans leur attribuer cependant toute l’importance qu'on pourrait croire : chez lui, le sens pratique ne fait jamais défaut ; la leçon des événements Pa instruit, et si les Français de Cadix paraissent contents de ce qui se fait et se dit sur le Code civil, lui se déclare, de son côté, € trop occupé pour prendre un grand intérêt à tout cela” ».
Et cependant, tout ce qu'il voit, tout ce qu'il entend, toutes ses pensées et tous ses actes sont rapportés à Saint-Malo.
1. Arch. des Frères de l'Instruction chrétienne, n° 110. Lettre du 24 décembre 1802. Inédit.