‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 390 sur 504 · Ibid. p · texte numérisé non relu

Ibid. p

ent Ko OUR té À ele Dr AE TT PET ANNE | AC ï H 4 É,

nisme est intolérant : puisqu'il y a eu une révélation, c’est un grand mal de lignorer, et par suite il est naturel de la part de ceux qui la éonnnissent de chercher à y amener les autres par instruction et la persuasion, « Puisque les Incrédules se croient en droit de prêcher la doctrine qui leur parait la plus vraie, sans doute les Croyans ont le même privilège. Si c’est un crime d’intolérance, ils en sont aussi coupables que nous,

Dans ce sens, l’intolérance est attachée non seulement à toute religion, mais à toute doctrine qui paraît intéresser le genre

humain 1, » Seulement, le Christianisme interdit formellement la violence, et dans ce sens il « est la plustolérante de toutes

les religions? ».

Sans doute les empereurs chrétiens ont eu recours à l’intolérance civile pour leur tranquillité et celle de leurs sujets. Mais la religion n’était pour rien dans leur conduite : « C’est donc une affectation maligne de confondre l’intolérance civile et politique avec l tolérance religieuse ; les moyens qu'ont employés les Souverains pour établir L unité de religion parmi leurs sujets avec les moyens dontles Ministres de T Évangile se sont servis pour persuader ; la raison d'État qui détermine les Rois avec l’esprit des maximes du Christianisme, » Sans compter que, si les athées le Done ils persécute-

raient les Chrétiens, puisqu'ils déclarent que « quiconque

viendroit à bout d’étouffer la notion funeste d’un Dieu seroit à coup sûr l’ami du genre humain... Les plus zélés Prédicateurs de la tolérance seroient les persécuteurs les plus ViOlens s’ils en avoient le pouvoir * ».

L'auteur résume enfin toute l’argumentation des paragraphes suivants en ces termes : « Il demeure incontestablement prouvé : 1° que l'intolérance, le fanatisme, le faux zèle ont leur source dans les passions et les divers intérêts des hommes ; qu’ils viennent moins des opinions que l’on suit, que du tempérament et de l’organisation de chaque particulier ; 2° que cette maladie a été commune à toutes Îles religions, à tous les peuples, à tous les siècles, les Athées et les Incrédules de toute espèce y sont pour le moins aussi sujets que les croyans ; 3° queles excès attribués au fanatisme sont venus d’une tout autre cause, qu'indépendamment du zèle de

1. BERGIER, Traité historique, etc.,t. X, p. 375. 2. 1bid., p. 373.

Page 1