‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 396 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

8, Ibid., pp. 132-135.

absolue sur des opinions quelles qu’elles soient, c’est demander l’impossiblet. » |

Mais si la tolérance absolue doit être rejetée, 1l en est bien autrement de la tolérance conditionnélle. Et c’est ici qu'il faut comparer la tolérance philosophique à la tolérance chrétienne. Rousseau, dans le chapitre vu du Contrat social, institue une religion civile dont toute intolérance sera sévère-. ment exclue?. Les effets de cette tolérance sont que le souverain pourra bannir de PEtat quiconque ne croira pas ces dogmes ou même le punir de mort si, après les avoir publiquement reconnus, il se conduit comme ne les croyant pas”. Au contraire, Jésus-Christ réprime le zèle indiscret de ses disciples, et leur recommande de laisser croître ensemble le bon grain et l’ivraie,la vérité et l'erreur jusqu’au temps de la moisson, c’est-à-dire jusqu’au moment où, la. vérité ayant reçu par le temps et les événements tous ses développements, entre ou rentre sans efforts dans les esprits #.

Cet article provoqua dès son apparition d’assez vives polémiques. On affecta en particulier « de confondre l'intolérance des opinions avec la persécution contre ceux qui les soutiennent ». La question de l'indifférence en matière de religion n’en était pas moins posée de nouveau devant Popinion publique. Le vicomte de Bonald ne combattait pas seulement l'indifférence pratique, mais avant tout l'indifférence systémalique, celle qui considère comme indifférentes en soi toutes les doctrines et toutes les opinions religieuses. Il la rattachait à son principe, cette philosophie du dix-huitième sièele issue de la Réforme qui mettait au service des passions des formules qu’elle prétendait emprunter à la raison. Il en montrait l'impossibilité, en se fondant à la fois sur l’expérience, qui prouve que jamais, en aucune matière, l'humanité ne pratiqua la tolérance absolue, ou l'indifférence; et sur la raison, puisque l'intelligence, faite pour discerner le vrai et le faux, interdit l'indifférence à l’homme qui n’est pas stupide. Il signalait enfin les conséquences de l'indifférence religieuse qui, s’étendant par un développement nécessaire, du dogme au culte et

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