‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 397 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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du culte à la morale, finit par tolérer tous les vices, comme elle s’est montrée facile à toutes les erreurs.

Des lors, le problème préoccupe Saint-Sulpice : il y est plus d’une fois repris et traité. M. Boyer, dans le Traité de la Religion qu'il professait en 1809-1810 à Saint-Sulpice, consacrait tout le chapitre troisième de la première partie à démontrer que « le véritable culte de la Divinité est incompatible avec l'indifférence des Religions ! ». Si l’on entend par indifférence « l’état de celui qui, ayant entendu parler de la Religion, ne s’en inquiette en aucune manière, et ne prend aucun moyen de savoir si elle est vraie ou fausse, mais la regarde comme quelque chose d’inutile et d’étranger », on aura raison de soutenir « que l'indifférence en matière de Religion est contraire à la raison, injurieuse à Dieu, opposée à la nature de l’homme, téméraire ou opposée à la prudence, et enfin contraire au bien de la société? ».

Elle est contraire à la raison, car « tout homme sensé ne peut demeurer indifférent que sur deux sortes de questions, celles qui sont inutiles, ou dont la solution est impossible ». Or, s’il est vrai que certaines questions spéculatives agitées entre les hommes offrent ce double caractère, il n’en est pas de même de la Religion. D'abord, il n’est pas € inutile à l’homme de savoir s’il y à un Dieu, une vie future, si Jésus- Christ est Dieu » ; puisque « ces vérités une fois connues doivent donner un tour nouveau à toutes nos actions, que ma conduite dépend de ma croyance, et que les lumières de mon esprit règlent nécessairement les opérations de mon cœur. » «On rirait de celui qui déclarerait inutiles la jurisprudence et la mathématique, l’une qui réprime les crimes, l’autre dont les nombreuses applications aux sciences el aux arts facilitent la vie »; mais il n’est pas moins utile € de savoir si Dieu est descendu sur la terre pour intimer sa loi aux hommes, si à la mort nous sommes replongés dans le néant, ou si Dieu nous réserve une vie future de récompenses ou de peines éter-

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