Inédit. Arch. de Saint-Sulpice, 2. Inédit. Zbid
en suspens entre la religion et l’athéisme ou le fatalisme : les conséquences pratiques qui en résultent sont trop différentes et trop graves pour que l'indifférence n’apparaisse pas alors comme une véritable folie. I] mit cette affirmation mieux en lumière par la comparaison avec les systèmes purement spéculatifs comme celui de Copernic: dira-t-on que quelle que soit la vérité, le monde physique va de même ? que quelle que soit la vérité sur la question de la providence, de l’iëmmortalité de l’âme, le monde moral suit les mêmes voies ! ? »
Il insista sur la « soif universelle et invariable de la vérité ; sur le fardeau et le supplice du doute, dont témoignent assez les sciences. La religion serait-elle la seule chose, parce qu’elle
“ est la plus sublime et la plus importante, pour laquelle 4 l'erreur soit indifférente ? Mais l’expérience même contredit 4 une telle hypothèse : nul peuple ne fut jamais indifférent : ils 4 aiment mieux croire des riens que de ne rien croire dans la î pratique.
ù D'ailleurs les incrédules se contredisent eux-mêmes : Pour- F quoi tant de soins, pourquoi tant de fanatisme pour détruire à la religion, si toutes les religions sont bonnes également ? … Pourquoi tant de peines pour établir l’insouciance ? Peut-être
l'indifférence religieuse est-elle la seule chose qui ne soit pas indifférente? ? »
Après avoir ainsi repoussé l’incrédule du terrain de Pindifférence religieuse en général, Pabbé Frayssinous s’appliqua ensuite à le déloger de l’indifférence religieuse par rapport aux dogmes chrétiens, dans laquelle il le montra retranché.
« Eh bien, dira quelqu’un, je consens à repousser entièrement l’athéisme et ses horribles excès. Mais pour la religion chrétienne, dont les dogmes si difficiles à croire révoltent même la raison, pourquoi l’embrasserai-je plutôt qu’une autre ? »
«& Nous vous dirons, répondit l’orateur : Vous qui avez été élevé dès vos plus tendres années dans la religion de vos ancêtres, vous qui avez trouvé peut-être la vérité et le bonheur dans le temps où vous aviez la foi, qui savez que le christianisme se vante d’être appuyé sur des preuves invincibles, prophéties, miracles. vous apostasiez gaiement la foi de vos