Inédit. Jbid
3, Inédit. Zbid,
pères, cette religion si magnifique par ses promesses, si terrible dans ses menaces, si puissante dans sa morale, si sublime dans ses dogmes, si prodigieuse dans son étendue, qui embrasse l’univers et tous les siècles, qui subsiste depuis tant de siècles. malgré des révolutions, malgré tous les obstacles humains, établie sans moyens humains...; si imposante par cette multitude de beaux génies, par la vertu de tant de saints depuis 1.800 ans, et par les témoignages de ses ennemis. Tout cela n’a rien qui vous touche... Certes ce n’étoit pas un esprit faible que ce génie si vigoureux et si original qui disoit : € Si ma religion est fausse, ce seroit le piège le mieux «dressé, éte... » Eh bien, Messieurs, je n’irai pas si loin, Je ne vous dirai pas : Croÿyez, maisexaminez pour croire. Si vous refusez, je vous accuse au tribunal de Dieu et de l'univers de fouler aux pieds vos plus chers intérêts, et les principes les plus sacrés de la saine raison.
« Vous osez dire que vous désirez croire et que vous ne le pouvez pas. Je veux bien ne pas vous dire que vos doutes viennent de vos passions, que votre cœur est plus incrédule que votre esprit. Maïs je vous demande ce que vous faites pour vous convaincre... Ah! examinez ses preuves, priez le Seigneur de vous éclairer et de vous fortifier par sa grâce, faites taire la voix des passions, et rappelez-vous le mot de La Harpe : J'ai examiné et j'ai cru. »
Le conférencier poursuit alors l’indifférent du terrain du dogme sur celui du culte, où il voudrait se retrancher. Comment prétendre que les formalités du culte sont indifférentes ? « Apôtres indulgens de l'indifférence, l’étendrez-vous à ce culte horrible où l’on prétendoit honorer le Dieu bon par lhomicide, et le Dieu saint par des infamies, où les temples étoient des théâtres de carnage et des lieux de prostitution. Vous êtes donc déjà forcés de limiter votre système relativement à ce qui blesse l'humanité et les mœurs. Mais il doit être permis d’être idolâtre à Pékin, anglican à Londres, ete. c’est-à-dire de blasphémer ce qu’on honore, d’honorer ce que l’on déteste, de démentir par sa conduite la vérité que l’on croit par une lâche et basse hypocrisie. Jean-J acques Rousseau a dit gravement que la fille, l’épouse, doivent avoir la religion de leur mère et de leur époux, c’est-à-dire qu'elles doivent en
changer en changeant d’époux, apostasier avec eux !, etc... »
Mais, reprend-on, « si une religion est regardée vraie ie manière exclusive, quelle source de discordes! Sans doute la religion enseigne Péntolérance des erreurs ; car la vérité ne peut pas plus s’allier avec le mensonge, que la lumière, la vertu, lautorité avec les ténèbres, le vice, la licence. La force et la gloire de la religion, c’est de repousser tout ce qui lui est SppOBÉ: Mais elle enseigne aussi la folérance des personnes : la religion qui proscrit les erreurs comme tous les vices, ordonne l’amour et le support de tous les hommes, même des ennemis ?. »
On oppose les guerres civiles, les excès du fanatisme.
__« Quoi ! faudra-t-il fouler aux pieds la religion et la vérité
parce que des ministres indignes d'elles s’en sont servi comme de prétexte pour couvrir leurs crimes ? Autant vaudrait trahir la patrie, retourner à l’état sauvage, parce que, sous couleur de patriotisme, des crimes atroces ont été
. Commis », où «se précipiter dans un abime pour éviter un
sentier dubai et quelquefois dangereux.
« Rien n’est donc si désisttinahle que Pindifférence religieuse ?, »
Mais rien aussi n’est plus funeste. Et c’est à cette démonstration que l’abbé Frayssinous consacra la seconde partie de sa conférence ; il y montra que l'indifférence religieuse ruine à la fois la société et la morale.
« S’il est quelque chose de funeste à la société et au bonheur des hommes, ©’est bien ce esprit d'athéisme qui, éteignant l'amour de la vertu, l’espérance de la vie future, bte à la morale ses appuis les plus fermes, au vice son frein le plus puissant. C’est bien encore cet esprit d’égoïsme, de cupidité et de paresse qui, concentrant l’homme en lui-même, le rend incapable de conceptions fortes, de sentiments généreux et de belles actions #. »
D'abord, «l indifférence religieuse est un athéisme pratique