Inédit. Zbid
et déguisé. On n’affecte d’égaler toutes les religions que pour avoir le droit de les mépriser ou de les suivre toutes selon les circonstances.
«Or, ôtez la religion, toutes les idées d’ordre, de bien public ne seront bientôt plus que des chimères. Tant que l’indifférence ne se trouve que dans quelques écrits obscurs, le levain de corruption n'a pas encore fermenté, mais si ce système devient l'opinion du magistrat,, du père, s’il passe de la ville au hameau et des académies aux chaumières, que deviendra la société ? direz-vous que le peuple se passera de religion ? l'autorité de tous les législateurs, l'expérience de tous les siècles, l'univers entier qui professe une religion quelconque vous démentent 1. »
Direz-vous qu'il faut laisser au peuple un culte public ; mais sans la foi et la doctrine, le culte n’est plus qu’un spectacle. « En vain l’encens fume, les cantiques s’élèvent en vain; en vain le ministre tonnera dans la chaire de vérité : incrédules irréfléchis, si jamais vous réussissez, ce sera alors qu'il faudra tout détruire dans un culte devenu un appareil insignifiant et ridicule. Sile peuple mérite vos railleries et vos mépris, lorsque nous lui prêcherons l’enfer, l'amour et les exemples de Jésus- Christ, il répondra : tout meurt avec le corps, l’évangile a été inventé par des imposteurs, expliqué par l'intérêt et l’orgueil du prêtre. Insensés, pensez-vous donc avoirle privilège d’être en contradiction perpétuelle avec vous-mêmes ? ?.….. »
Reste une dernière ressource pour indifférent : déclarer que la religion est bonne pour le peuple. « Eh bien, diront ici quelques incrédules, l'indifférence sera pour nous, la religion pour le peuple, malheur à nous s’il la perdoit.. » N’espérez pas arrêter assez les progrès de vos systèmes et la contagion de vos exemples, répond l’orateur. « Le peuple a aussi son orgueil: s'il s'aperçoit que vous n’êtes pas religieux, ilrougira de l'être. Les enfants imitent leur père, les serviteurs leur maitre, les citoyens les magistrats. Le peuple aura aussi ses beaux esprits, ses plaisants et ses moqueurs comme vous, et attendez-vous aux désordres d’un peuple sans religion. »
Ces désordres sont affreux. « Vous avez délivré la société du fanatisme religieux, jy consens, mais vous y avez mis un