Inédit. Arch. de Saint-Sulpice 2, Inédit, /bid
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germe de mort en la livrant au fanatisme des passions déchainées et funestes. L’indifférence mine sourdement la société, et l’impiété la tue. Votre Jean-Jacques Rousseau dit que l’indifférence philosophique est la tranquillité de la mort. Mais il n'a pas tout dit, et si malgré l’empire de la religion l’on voit tant de crimes, que sera-ce lorsque cette formidable barrière sera Ôtée ? » — Et après avoir fait un tableau frappant de l’immoralité croissante : « Voilà, Messieurs, ajoute-t-il, où aboutirait tôt ou tard l'indifférence devenue populaire f. »
Il termine sa conférence en rappelant les bienfaits du Christianisme, et en montrant à quelle barbarie nous conduirait sa disparition. « Que fait la religion ? Elle lie les âmes que les passions divisent. L’indifférence la remplacera-t-elle ? Sijamais l'Europe arrivait à ce comble d’extravagance, Montesquieu l'a dit : plus la religion cesse d’être réprimante, plus les lois doivent réprimer.
« L'expérience le prouve : les bienfaits du Christianisme sont inscrits dans l’état du monde avant son établissement. Le culte, la législation, les usages, les mœurs des peuples les plus vantés étaient impures et atroces : faut-il rappeler les combats de gladiateurs, les sacrifices humains, des désordres abominables consacrés par les lois, comme les droits exorbitants du père, les lois sauvages de la guerre, l'esclavage? ? »
La force de la charité et la terreur de l’enfer, tel est le moyen doux et efficace par lequel le Christianisme a triomphé de tant d’excès. « Mais si jamais, par un triomphe exécrable de l’impiété, la religion perdait ses forces, il faudrait des lois de fer pour enchaïiner des peuples impies, qui sont des peuples de tigres, comme l’a montré le règne de la Terreur.
«L'expérience nous montre encore en Asie et en Afrique la chute du Christianisme suivie de la servitude, de la barbarie, et de la chute même des lettres et des arts. Ne vous rassurez pas sur l’état actuel de la civilisation en Europe : les sciences, les arts sont les colonnes de l’édifice, et non son fondement. La science, la littérature peuvent contribuer à la dépravation des mœurs, et un peuple conserver de la politesse après la ruine de ses mœurs. Tout ce qui est utile à la société doit devenir par l'indifférence sacrilège un véhicule à