Jbid., pp
tous les chrétiens qui le consultent : « Tenons notre cœur bien au large, écrit-il, plein de confiance, de gaieté, de tranquillité, même au milieu de ses aridités, de ses peines! .» Il faut briser les révoltes de la nature, triompher de « cette affreuse idolâtrie du moi, qui vous porte sans cesse à désirer qu'on aime et qu'on excuse une créature que vous croyez digne d’horreur et de mépris.
«.… Perfide, radicale vanité, qui me donnera de t’exterminer, de te mettre en poudre, afin d'élever sur tes ruines un autel à mon amour crucifié? » Avons donc: « un désir insatiable des humiliations et du mépris. La croix, la croix, voilà la passion des grandes âmes ?. »
Ainsi l’on domptera la nature rebelle: « Appliquez-vous, dit-il ailleurs, à mourir à votre volonté, à vos goûts, à votre Jugement, et à faire tout par obéissance. »
C’est dans cet esprit — on ne l’a point oublié — qu'il courbe Félicité de La Mennais sur la tâche de /’Essai sur l’Indifférence, qu'il le contraint, par le travail, loin de la Chenaie, loin des siens, à mater les révoltes de son cœur passionné.
Pour un tel esprit et pour une telle âme, quel plus dangereux
ennemi, quelle plus inconcevable folie que l'indifférence religieuse ?
Il avait fondé en 1811 un petit séminaire sous le nom de Petile communauté des clercs de Saint-Sulpice. Et comme l'indifférence en matière de religion était alors sa préoccupation dominante, il avait, à l'intention des élèves, préparé sur la question tout un volume de notes et de réflexions dont Félicité de La Mennais fit usage pour composer son Essai. Les archives du séminaire de Saint-Sulpice Ont conservé ce volume manuscrit et complètement inédit. Il comprend trois traités : le premier, intitulé: Sur l’Indifférence el la Tolérance en matière de religion; — le second : Réfu-
1. PAGUELLE DE FOLLENAY, Monsieur Teysseyre, etc., p. 393. 2. Ibid., p. 418.