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lation du système de la Tolérance et de l’Indifférence en matière de religion; — le troisième: Sur l’Indifférence en matière de religion.
Quoique ces trois manuscrits renferment des parties communes, ils diffèrent cependant assez pour que nous ne puissions nous dispenser d’en donner l’analyse. Ainsi nous déterminerons quelles ressources Saint-Sulpice, par l’intermédiaire de l’abbé Teysseyre, mettait à la disposition de l’abbé de La Mennais, lorsqu'il composait l’£ssai sur l'Indifference en malière de religion. Or Saint-Sulpice restait fidèle, dans cette controverse, à l’esprit traditionnel et pour ainsi dire classique de l’apologétique religieuse en France. En nous assurant des emprunts que La Mennais fit à cette
source, nous. préciserons donc la part de l'initiative auda-
cieuse et déjà risquée dans le premier volume de l’'Essai.
Le premier Mémoire de l'abbé Teysseyre : Sur l’Indifference el la Tolérance en matière de religion débute par des Considérations générales dans lesquelles l’auteur expose que la destinée de la religion sur la terre est d’être perpétuellement un objet d'amour ou de haine!. Elle a done subi depuis sa naissance trois sortes de persécutions :
1° Les persécutions de la violence et de la force ouverte que, pendant trois siècles, il à fallu qu'elle supportât de toutes les puissances de la terre. Elle n’en a pas moins vaincu l'univers, forte de sa seule faiblesse.
2e Les persécutions des hérétiques et des incrédules qui l’attaquent par tous les efforts de l’esprit humain conjurés pendant dix-huit siècles, et qui ne réussissent qu’à lui faire développer le trésor de ses divines vérités ;
3 Les persécutions des passions auxquelles ses propres enfants s’abandonnent, et qui sont destinées à montrer qu'elle est indépendante des talents et des vertus de ceux qui la professent?.
1. L'auteur s’y inspire manifestement des conférences de 1806 et de
. janvier 1809 dans lesquelles l’abbé Frayssinous avait démontré la Divinilé
de l'établissement du Christianisme.
2. Arch. de Saint-Sulpice. /Znstr. dogmatiques de M. Teysseyre. Ms. iné dit, pp. 5-6.
De ces trois sortes de persécutions, elle n’a retiré que des triomphes ; car il faut des hérésies, des scandales et des violences pour dévoiler toute la vérité, toute la sainteté, toute la force du christianisme, et Dieu gait ürer le bien du mal!.
Ce mal, ce sont les passions en révolte contre l'autorité : telle est la grande cause des désordres qui ont affligé l'Église. Elles ont armé contre l'autorité de Jésus-Christ les empereurs et les peuples dont l'Église a triomphé en opposant à ses persécuteurs son innocence et sa patience. Elles ont inondé l'Eglise de ces vices et de ces crimes auxquels la religion a opposé victoriensement l’incorruptible sainteté de sa doctrine et de ses lois. Elles ont soulevé la raison des 1ncrédules et des hérétiques contre l’autorité de l'Eglise de Jésus-Christ, contre Jésus-Christ et contre Dieu même. C’est ainsi qu'a pu se développer le principe que la raison de chaque particulier ne doit se soumettre à aucune autorité sur la terre; principe posé par Luther et Calvin, d’où sont sortis les sociniens, les déistes, les athées, les pyrrhoniens. Alors l'enfer, reconnaissant que l’athéisme était la dernière des hérésies, qu'il avait parcouru le cercle entier de l’erreur, à produit ce monstre, plus horrible que tous les autres, cette dernière persécution que la religion doive subir, l’indifférence en matière de religion ?.
Ces pages en iuspirant l’auteur de l’Æssai sur l’Indifférence?, ne feront que lui rendre qu'il aura prêté, Car l’abbé Teysseyre inscrit à la marge : À refondre d’après M. de La Mennais*. Or, une des notes préparant cette refonte ne permet pas de douter qu il ne s’agisse des Réflexions sur l’état de l'Église : &L Église croit sous le glaive », écrit l’abbé Teysseyre ® — et ces mots sont textuellement empruntés aux Réflexions.
L'histoire montre que l'indifférence religieuse, inconnue de l’antiquité, sinon à titre d'exception chez quelques philosophes, est un produit des temps modernes: née du prineipe de l’examen particulier des protestants, sa nature n’est pas
1. Arch. de Saint-Sulpice. Insir. dogm. de M. Teysseyre. Ms. inédit, p. 6.