‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 412 sur 504 · bid., pp · texte numérisé non relu

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un mystère, Elle est une indifférence systématique, qui traite toutes les religions comme des institutions politiques utiles à la vertu, ay Ne Le à l’ordre social selon les temps, les lieux et les circonstances, à moins qu’elles ne soient totale-

ment inutiles!, Il suffit d’ailleurs de comparer ce nouvel ennemi de la religion à ceux qui l'avaient auparavant attaquée, pour comprendre e que nul ne fut jamais plus redoutable :

l'indifférence n’attaque pas ouvertement la religion, mais la traite avec une modération hypoerite et un superbe dédain: elle ne l’attaque pas de front, comme les sophistes du dixhuitième siècle, mais par des voies détournées ; elle flatte et caresse les préjugés et les erreurs, et se pare de toutes les séductions; car elle n’a pas le caractère de mensonge des autres erreurs, ni le caractère brutal de l’athéisme. Elle convient en outre à la paresse naturelle de lPesprit humain, que charment les prétextes pour s’affranchir d’un effort pénible ?; aussi ses- progrès ont-ils été plus rapides en quelques années que ceux des autres systèmes en plusieurs siècles. Mais ses effets sont plus désastreux aussi: car elle menace d’engloutir à la fois l'Église et les sectes qui lui ont donné naïissance, en ruinant Ta morale, le bonheur de l’homme et la

ÉocTÈtE tout entière ?.

Il faut done examiner le système de l'indifférence en matière de religion; en montrer les pernicieux effets ; le poursuivre enfin jusque dans les prétextes spécieux dont il se colore. En s’appuvant sur la raison d’une part, sur lexpérience de l’autre, il faut considérer l'indifférence religieuse d’abord dans le système de tolérance qui lui sert de as ensuite, dans la conduite qu’elle inspire et les effets qu elle produit dans la pratique ; enfin, dans les objections contre l'intolérance religieuse qui lui serfent de prétextesf.

Et l’on CONARSTS enfin, « sinon que la seule Religion catholique est vraie, du moins qu'il n’estpas évident qu’elle ne l'est pas; et que, dans le doute, tout homme raisonnable est dans l’étroite obligation d'examiner sérieusement les preuves de

1. Arch. de Saint-Sulpice. {nstr. dogm. de M. Teysseyre, p. 10.

2. Ibid., p. 12. L'abbé Teysseyre renvoie aux pages 110 et 112 de la dre édition des Réflexions sur l'état de l'Église, dans lesquelles ces vues étaient déjà développées.

3. Arch. de Saint-Sulpice. /nstr. dogm. de M. Teysseyre, pp. 18-14.

sa vérité pour embrasser et pratiquer ensuite fidèlement sa doctrine ! ».

Cette conclusion ne dut pas sembler assez ferme; l’auteur ajoute donc en marge, après les mots: « qu’il n'est pas évident qu’elle ne l’est pas », ceux-ci: « et même qu’elle seule peut être vraie. En sorte qu’il faut choisir entre l’indifférenlisme et la Religion catholique? ». C’est précisément le dilemme entre les branches duquel lEssai sur l’Indifférence s’efforcera d’enfermer les indifférents.

D'abord, ce système que les indifférents considèrent comme le chef-d'œuvre de l'esprit humain perfectionné par la philosophie, est faux et absurde dans ses principes ct-dans ses conséquences, au moins dans l’hypothèse où Dieu a révélé la religion catholique.

En effet, si l’on a bien compris l’état de la question, si l’on a pris soin de distinguer comme il convient l’intolérance religieuse de l'intolérance civile et de l’intolérance des particuliers contre les personnes, on sera en mesure d'apprécier à sa Juste valeur le système de l'indifférence. Il repose sur deux principes et revêt deux formes différentes.

Tout le monde convient du premier principe : on ne doit embrasser que les moyens faciles et nécessaires pour procurer la gloire de Dieu et le salut des hommes. En abordant le second principe, sur lequel doit porter tout l'effort de la discussion, l’abbé Teysseyre semble tracer d'avance le canevas de la démonstration dans l’Essai sur l'Indifférence.

Ce second principe consiste à soutenir qu'il n’y à aucune société particulière dont la religion soit tellement indispensable et universellement praticable que hors de cette société il n’y ait point de salut.

C’est ce second principe qui sert véritablement de base au tolérantisme sous les deux formes qu'il revêt, soit qu'il s'agisse du tolérantisme absolu, qui considère toutes les reli-

1. Inédit. Arch. de Saint-Sulpice. Insir. dogm. de M. Teysseyre, p. 16. 2. Inédit. Zbid., p. 16.

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