Ibid., p
à dl % à Zi
tivement « au bonheur et à la perfection de l’homme », puis « à l’ordre et à la prospérité dés sociétés et des familles », enfin à Diéu, comme si l’on pouvait dife « que le Dieu de sainteté et de vérité est également honoté par l’érreur et la vérité, par le crime et par là vertu ? », et il conclüt à cet égard en montraht qu’on peut soutenir de pareilles doctrines en théorie, mais que le cœur du moins et que li pratique les démentent?. |
On a reconnu le plan de la séconde partie du premiér volume de l’Æssai sur l'indifférence, lorsqué, pour combattre l'indifférence, l'abbé de La Mennais montrera « l'importance de la religion par rapport à l’hômme # 5, son « importance par fapport à la sociétés », enfin son « importante par rapport à Dieu ».
Les indifférents auront-ils däVäntage le droit de considérer lës dogmes de la religion nätürelle comimé indifférénts ? Et s'ils déclärent qu'il est nécessaire et qu’il suffit de bien vivre, né pourrons-nous pas leur montrer que li connaissance et la croyance dés doginñes supposés véritables est né cohditièn
dé botine vie? Il faudra qu'ils en conviennent : il faudra
ae reconnaissent que les dogmes extravagants ét funéstes de l’athéisme ne sont pas favorables à une bonne Vie au même
titre que les dogmes de la religion naturelle : existence d’un
Dieu créateur, législateur, rémunératéur et vengeür, imimortalité dé l’âme, vie future, responsabilité et sanction. Ces dogmes sont utiles à là gloiré de Dieu : car il ne saurait être également honoré par le païen qui, défigurant sa divinité, adore des dieux infämes, ét par lhomme raisonnäblé qui croit en un seul Dieu’; ils sont encore utiles au salut des hommes, à moins qu’on ne méconnäisse l'influence immense des lumières de l’esprit sur les opérations de la volonté : selon la solution de ces quéstions, la vérité ou la fausseté de ces dogmes, il est trop clair que notre vie doit prendre üñe route toute différente. Voyagetrs exilés placés dans üne vallée de larmes, coiment négligerions-nous de
. inédit. Arch. de Saint-Sulpice. /n$tr. dogm. dé M. Teysseyre, p. 21. . Inédit. Zbid.
. Ibid.; pp. 22-28. .
. Essai sur l'Indifférence, t. I, chäp. 1x.
. Ibid., chap. x.
. Jbid., chap. x11.
. Arch. de Saint-Sulpice, {nsir. dogm. de M. Teysseyre, pp. 23-26.
NI & À RE À ND ei
chercher, entre mille sentiers divers, celui qui conduit à notre
céleste, à notre éternelle patrie ! ? |
En vain objecterait-on que la conscience et la société offrent assez de moyens humains pour nous faire pratiquer la morale. La raison, l'autorité, l'expérience montrent trop clairement combien ces moyens sont ruineux quand il s’agit de défendre la vertu chancelante contre les assauts des passions. Et quand même, par impossible, ces moyens humains paraitraient suffire, ce ne serait qu’une apparence, car si Dieu est la fin de l’homme, il ne suffit pas d’agir bien par des vues criminelles, indifférentes ou humaines, il faut encore rapporter à Dieu nos actes par nos intentions ?. |
Enfin les tolérants se retrancheront sur le culte et diront que Dieu est trop grand pour s’abaisser jusqu’à exiger les hommages des hommes. Comme si la pratique du culte n’était pas nécessaire à la conservation et à la propagation des dogmes et de la morale qu’on accorde être nécessaires à la bonne vie de l’honnête homme! Comme s'il s'agissait, surtout, d’être honnête homme selon le monde, et non pas selon la religion, qui exige qu’on remplisse tous ses devoirs non seulement envers le prochain et envers soi-même, mais d'abord ses devoirs envers Dieu, les plus sacrés de tous, et qui composent le culte prescrit: !
S'il existe, comme on en convient, des relations naturelles entre Dieu et l’homme, n'est-il pas également naturel que Dieu agrée, qu'il exige les marques du respect et de l'amour qui lui sont dus ? Et si l’on démontre comme un dogme fon. damental de la religion naturelle que Dieu à créé Thom pour le connaître, ES le servir, et procurer ainsi la gloire de son créateur en s’élevant lui-même à la perfection ‘et au bonheur, comment ne conviendrait-on pas que le culte soit le moyen indispensable pour procurer cette double fin, en sorte que la connaissance des dogmes et la pratique de la morale ne soient elles-mêmes que des parties du culte qui doivent être rapportées à Dieu comme à leur fin # ? Au reste, il suffirait d’en appeler à la conscience des apôtres de l'indifférence : ils ne croient pas de bonne foi, sans doute, qu’il soit indiffé-
. Arch. de Saint-Sulpice. /nsir. dogm. de M. Teysseyre, pp. 26-28. . Ibid., pp. 28-30.
. Ibid., pp. 30-31.
É Ibid. pp. 31-32.
Fr & D æ
rent à la gloire extérieure de Dieu d’être outragé par les
négations de l’athée, ou de recevoir du croyant l’hommage de sa foi, de son espérance et de son amour. Ils ne croient pas qu'il soit indifférent à la pratique de la morale, à la prospérité de la société, à la perfection et au bonheur de l’homme ! d’être athée, impie, païen ou religieux. [gnorent-ils que le culte fournit un moyen doux, facile et efficace de faire connaître et pratiquer les dogmes et la morale? et que le peuple ne peut avoir d'autre éducation sociale que celle qu’il reçoit de la religion? ?
Quoi que prétendent les tolérants absolus, les preuves de la religion catholique méritent donc d’être examinées si on l’envisage comme religion naturelle ; mais elles ne: sont pas moins dignes de l’examen le plus attentif si on la considère comme religion surnaturelle. Ici, ce sont les tolérants mitigés qu'il s’agit d'atteindre, ceux qui, comme J.-J. Rousseau et ses disciples, armés de tout ce que l’éloquence a de plus spécieux, dissimulant sous une feinte modération la haine qui les anime, prétendent que la nécessité d’une religion en général ne prouve rien en faveur de telle
.ou telle religion positive. Ils les tolèrent donc toutes comme
des institutions politiques dont le fondement et lutilité sont dans le climat, le gouvernement, le génie, les mœurs des différents peuples. Toutes se valent pour procurer la gloire de Dieu, toutes sont indifférentes pour le salut. On peut donc en changer à son gré selon les circonstances pour se conformer à l’ordre public. Tout enfant doit être élevé dans la religion de son père, toute femme doit suivre celle de son mari. On sera catholique à Rome, calviniste à Genève, musulman à Constantinople 3.
Ce système est d’abord un prodige d’inconséquence dans ceux qui le prêchent lorsqu'on le compare à la conduite des tolérants. Car ce même Rousseau qui considérait comme une inexcusable présomption de professer une autre religion que celle où l’on est né, faisait tous ses efforts pour anéantir la
1. On remarquera ici encore cette distinction que La Mennais adop-
tera bientôt.
2. Arch. de Saint-Sulpice. /nstr. dogm. de M. Teysseyre, pp. 32-33.