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soire, Car il est si loin d’être clairement révélé dans PÉcriture qu’il est impossible aux adversaires de l'y montrer. Rien en effet n’est plus mystérieux ni plus controversé chez les savants, parmi les protestants, que cette théorie des articles fondamentaux ; au point que ce système n’est pas moins énergiquement combattu par les protestants rigides que par les catholiques !. Mais le système des points de téméraire, faux et illusoire en spéculation, comme on von de le constater, est encore impossible dans la pratique. Car il faudrait au moins des règles sûres pour discerner dans la pratique les articles fondamentaux de ceux qui ne le sont pas. Or, loin d’être claires, évidentes, à la portée de tous les fidèles, ces règles so si Gbscutes s1 diffieiles à déterminer, qu’elles sont une source RE de difficultés et de controverses. Et si Jurieu, qui avoue que la distinction de ces articles est une question épineuse et dafficile à décider, prétend aussi que l’'Écriture renferme des règles pour faire cette distinction, rien n’est plus aisé que de réfuter ces prétendues règles ?.
Enfin le système des Dasois fondamentaux, rte faux et illusoire en spéculation, impossible en pratique, est encore
funeste dans ses résultats. Car il ne peut atteindre son but,
qui est la réunion de toutes les sectes chrétiennes, et, bien au contraire, il tend à allumer un foyer de bars dans 6 Église, d’ Don en lächant la bride à la manie de faire secte, en anéantissant toute subordination et en établissant l’indépendantisme absolu; ensuite, en ouvrant la porte à toutes les erreurs, même les plus fondamentales, et en les rendant irrémédiables par la tolérance absolue non seulement des sociniens, mais des infidèles et des déistes. En sorte que ce système conduit non seulement au schisme universel, mais encore à une tolérance absolue de toutes les erreurs, 4 finalement à l'indifférence de religion: son principe étant que chacun est libre de chercher . l'Écriture par son 5 particulier les vérités fondamentales 2.
L'expérience ne parle pas moins hautement que la raison contre le système des points fondamentaux : car lorsque les protestants rigides ont reproché à Jurieu qu'il défigurait
1. Arch. de Saint-Sulpice, Instr. dogm. de M. Teysseyre, pp. 54-56. 2. Ibid., pp. 55-566. Le texte renvoie ici aux « notes sur ce sujet ». 3. bid., pp. 56-57.
l'Église, anéantissait le christianisme et conduisait par son système à la tolérance absolue, Jurieu leur a démontré que son système n’était que le développement du principe fondamental de la Réforme. Et, à leur tour, les tolérants absolus ont rétorqué contre Jurieu et les tolérants mitigés tous les arguments de ceux-ci contre la barbarie, l'injustice, l’absurdité de l'intolérance des catholiques. Ils ont montré que leur système était une conséquence nécessaire du système de la Réforme. C’est dans son sein qu’ils ont pris naissance, et ils sont parvenus à l’ensevelir presque totalement sous ses ruines {.
Ces pages, brusquement interrompues elles aussi, n’en sont pas moins précieuses, parce qu’elles attestent une première élaboration, en vue de les adapter aux besoins de l’époque, des idées qui passeront dans l’Æssai sur l’Indifférence en matière de religion. Il est facile de pressentir déjà tout ce que les chapitres dans lesquels sera discuté le système des points fondamentaux devront aux pages que nous venons de résumer. Combien aussi les distinctions par lesquelles s'ouvre ce Mémoire aideront Félicité- de La Mennais à voir clairement le but à atteindre ! Rien, dans tous ces développements, qui n’appartienne à l’apologétique traditionnelle, et rien aussi qui ne doive intégralement passer dans l'ouvrage de l’abbé de La Mennais. Et c’est pourquoi les amis de là tradition, s’y reconnaissant tout entiers, feront un si chaleureux accueil au nouveau champion de l’Église. En continuant à préciser la dette de l’auteur de l'Essai sur l’'Indifférence envers le sulpicien Teysseyre, nous éviterons de tomber dans l’erreur qu'ils ont commise en méconnaissant l'apport personnel de Félicité de La Mennais dans son œuvre, et les inquiétants symptômes, qu'avertis comme nous le sommes, nous né pourrons plus ignorer.
Ne
Le troisième Mémoire inédit qui porte pour titre : Sur l'indifférence en malière de religion, apparait comme une
1. Arch. de Saint-Sulpice, /nstr. dogm. de M. Teysseyre, p. 57.
synthèse des deux premiers. Mais à lui seul, il est aussi plus complet que les deux autres réunis. Après avoir, dans l/ntroduction, posé les notions préliminaires sur l’histoire et la nature du système de l’Indifférence!, l'abbé Teysseyre résume l’état de la question sur la tolérance, et les distinctions déjà formulées dans le second Mémoire entre les différentes sortes de tolérances. Il expose ensuite le plan de la preuve : nous le connaissons déjà, pour l’avoir vu proposé dans le second Mémoire; il consiste à attaquer l’Indifférence religieuse d’abord dans ses principes, puis dans ses effets, enfin dans
les objections spécieuses qui lui servent de prétexte?.
1. Arch. de Saint-Sulpice, 1nstr. dogm. de M. Teysseyre, p. 58. Cf. le pre-
mier Mémoire.
2. Afin de ne laisser aucun doute dans l'esprit du lecteur sur la nature des emprunts faits par l'abbé de La Mennais aux manuscrits inédits que nous étudions ici, il convient de rapprocher les deux textes :
Manuscrit inédit de l’abbé Teysseyre.
Selon les adversaires le système de la Tolérance et de l’/ndifférence est le complément de la raison perfectionnée par la philosophie. Nous
. leur montrerons combien l'indiffé-
rence religieuse est à la fois insensée, téméraire et criminelle.
Selon les adversaires, rien n'est plus salutaire que cette indifférence dans seseffets, et nous leur montrerons au contraire que cette indifférence telle qu’ils la conçoivent est impossible dans la pratique et que leurs principes produisent les effets les plus funesles.
Enfin, ils s'efforcent de suppléer à la faiblesse de leurs preuves par les objections les plus spécieuses contrel’intolérancereligieuse qu’ils représentent comme absurde el cruelle dans ses principes ef funeste dans ses effets, et nous vengerons la doctrine catholique de ces inculpations calomnieuses, etc. (Inédit. Arch. de Saint-Sulpice, ms.
Teysseyre, pp. 58-59.)
En effet, celui-là tient une conduite insensée, etc., qui reste volontairement indifférent sur la vérité de la religion sans daigner même l'examiner. Tandis que les
Essai sur l’Indifférence en matière de religion, t. I.
L'indifférence en matière de religion, qu’on préconise comme le dernier effort de la raison et le plus précieux bienfait de la philosophie est aussi absurde dans ses principes que funesle dans ses effets.
(T. I., {ntrod., pp. 26-27.)
La conséquence de ce qui a été dit dans le chapitre précédent est que le système dont on y expose l’origine et les effets est un système funeste : je vais prouver de plus que c’est un système absurde.
(T. TI, chap. ur, p. 66. — 1" éd.
Rien n’est plus absurde que l’indifférence, parce qu’… elle ne peut raisonnablement reposer que sur l’un de ces principes : que nous n'avons aucun intérêt à nous as-
D'abord l’Indifférence en matière de religion est insensée, téméraire et criminelle considérée dans les principes qui lui servent dé fondement !, On lé prouve en montrant d’abord la
plus fortes raisons et les plus graves autorités sé réunissent comme autant dé préjugés légitimes pour lui faire craindre 1° que la religion ne soit le seul moyen indispensablemérnt nécessaire à là gloire de Dieu et au salut de l’homme, dans l'hypothèse où elle est véritable ; 2 que la religion ne soit effectivement démontrée être croyable et praticable d’une manière à la portée de tout homme de bon sens qui l’examine avec bonne foi.
(Inédit. Arch. de Saint-Sulpice, ms.
Teysseyre, pp. 59-60.)
Tout homme sensé ne peut de-
meurer indifférent sans une folle et criminelle témérité que sur deux espèces de vérités :
Celles qui sont évidemment inutiles, et celles dont la solution est évidemment impossible.
(Inédit. Arch. de Saint-Sulpice, ms.
Teysseyre, p. 60.)
Or je prétends que la question de la vérité de la religion loin d'être ‘évidémment inutile ou insoluble est au contraire la plus importante de toutés et l’une dés plus faciles à résoudre.
(Inédit. Arch. de Saint-Sulpice, ms.
Teysseyre, p. 61.)
1. L'indifférence en matière de religion est insensée, téméraire et criminelle considérée dans les principes qui lui servent de fondement.
surer de la vérité de la Religion ôu que posé cet intérêt il est impossible de découvtir la vérité qu’il nous importe de connaître. Or ces deux principes soft également faux, également absurdes, je 1e prouverai, et je montrerai de plus qu'il existe pour tous les hommes .
en général etpour chaquehommeën particulier, un moyen sûr, aisé, infaillible, de se convaincre de la nécessité de la Religion et de découvrir la véritable.
(TAG CIRE LD TER UrREur
pp. 56-57.)
On soutient que la religion vraie ou fausse est indifférente pour l'homme ; et nous prouverons que supposé l'existence d'une vraie Religion, cette Religion est pour l'homme considéré soit individuellement, soit en société avec ses semblables ét avec Dieu, d'une importance infinie... On soutient qué toutes les Religions sont en ellesmêmes indifférentes ; et nous prouverons..… qu'il existe nécessairement uné vraie Religion, C'est-àdire üne Religion d'une vérité et d'une bonté absolue, et qu'il n’eñ existe qu’une seule, d'où sé dédüit l'obligation de l'embrasser, supposé qu'il soit possiblé de la réconnaitre.
On soutient que s’il existe une véritable Religion l’homme n’a au:
cun moÿen de la distinguer dés Réligions fausses; et nous prouverons que dans tous les temps, les hommes ont eu un moyen facile et Sûr de réconnaitré là véritable Religion ; d'où il résulte que l'in:
différence n’est pas seulement un état déraisonnable, mais encoreun état criminel.
(T. 1, pp. 217-218.
Le seul cas où l'homme sage püt demeurer indifférent sur la Religion serait celui où nous n’aurions