‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 421 sur 504 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

4. Ibid., pp: 67-68. « Oserez-vous bien comparer l'influence du Carème

extérieur et public est une conséquence naturelle des relations que les dogmes nous apprennént exister entre Dieu, l’homme et la société; 2° c’est un dogme fondamental de la religion naturelle que Dieu a créé l’homme pour le connaître, l'aimer et le servir, et parvenir ainsi à la perfection et au bonheur qu'il ne peut trouver qu’en Dieu seul, son principe et sa fin; 3 d’où suit que la religion naturelle ne peut être véritable sans que le culte soit le moyen indispensable pour conduire l’homme à sa dernière fin. Et en effet, la raison et l’expérience des siècles montrent quele culte est le seul moyen également doux, facile et efficace de faire croire et pratiquer les dogmes et la morale reconnus indispensables à la perfection et au bonheur de l’homme et de la société !.

En prouvant la nécessité de la religion naturelle on a combattu les tolérants absolus ; il reste maintenant à réfuter le tolérantisme mitigé en montrant que l'indifférence pour les religions positives n’est pas moins condamnable que lindifférence pour la religion naturelle. On ne saurait done considérer les religions positives comme des institutions politiques qui peuvent avoir leur fondement et leur utilité dans le génie, les mœurs et les circonstances des différents peuples, mais dont aucune n’est tellement indispensable qu’on ne puisse se sauver dans les autres ; ni conclure avec J.-J. Rousseau et ses sectateurs qu'il faut que chacun conserve la religion de son pays?. Ce tolérantisme mitigé est en effet un prodige

et des Pâques à celle des orgies infernales céiébrées en l'honneur de Bacchus, de Priape ou de Vénus ? »

Tout ce développement a été utilisé par l'abbé de La Mennais :

« Le sort t’'a-t-il fait naître dans une contrée païenne ? Adore les Dieux de ton pays, sacrifie à Jupiter, à Mars, à Priape, à Vénus; initie pieusement tes filles aux mystères de la bonne déesse, etc. » (Essai sur l'Indifférence, t. I, chap. 1y, pp. 92-98.)

1. Arch. de Saint-Sulpice, Instr. dogm. de M. Teysseyre, p. 68. Cf. Essai sur l'Indifférence : « L'ignorance sourira de mépris au seul nom de culte ; elle ne voit pas que c'est lui qui conserve les croyances et nourrit l'amour. » (T. I, chap. xun, p. 399.)

2. Arch. de Saint-Sulpice, Instr. dogm. de M. Teysseyre, p. 69. En marge : « Vid. texte de J.-J, Rousseau, Duvoisin, I, p. 218, » Cf, Essai sur l'Indifférence, t. [, chap. v, p. 87. Rapprochons les deux textes.

1° Texte inédit de l’abhé Teysseyre : « De nouveaux adversaires se lèvent.

d’inconséqueuce dans ceux qui le prêchent : car c’est une contradiction choquante que de voir Rousseau déclarer criminel’ d'abandonner la religion de son pays, et en même temps entasser les sophismes pour anéantir la religion de ses pères. Et, si l’on conçoit que l’Église catholique, qui se considère eomme indispensable au salut, emploie tous les moyens compatibles avec la charité pour anéantir les erreurs et convertir les errants, comment justifier la conduite de ces sectaires incrédules ou hérétiques qui bouleversent l’univers en se révoltant contre la religion de leur pays pour réformer de prétendues erreurs qui, de leur aveu, ne sont pas fondamentales et incompatibles avec le salut 1?

Mais de plus ce tolérantisme mitigé est un prodige d’extravagance et d’impiété dans l’hypothèse où la religion catholique est seule véritable. Car, à ne la considérer que comme le développement de la religion naturelle, on prouverait aisément par la raison, l'expérience et l’aveu des adversaire, qu'elle est très utile dans ses dogmes, sa morale et son culte, pour procurer la perfection et le bonheur de l’homme, Or, ne

Nous convenons avec vous, disent-ils, de la nécessité indispensable de la

religion naturelle... Mais nous pensons que toutes les religions positives

qu’on a surajoutées à la religion naturelle sont des institutions utiles et salutaires surtout pour le peuple selon les temps, les lieux et les circonstances ; mais on peut honorer Dieu et se sauver dans toutes les religions, qui devraient toutes se tolérer réciproquement. J.-J. Rousseau et ses sectateurs en concluent qu'il faut que chacun conserve la religion de son pays, etc...»

2° L'abbé de La Mennais dans l'Essai : Rousseau soutient « que toutes les Religions sont indifférentes, c'est-à-dire également bonnes ou également vraies... ; laissons-le s'expliquer lui-même : « Je regarde toutes les « Religions particulières comme autant d'institutions salutaires, qui pres- « crivent, dans chaque pays, une manière uniforme d’honorer Dieu par un

‘ « culte public, et qui peuvent toutes avoir leur raison dans le climat, dans

« le génie du peuple, ou dans quelque autre cause locale qui rend l’une « préférable à l’autre. » (C'es! le texte cilé par Duvoisin auquel renvoyail l'abbé Teysseyre.)

1. Arch. de Saint-Sulpice, /nstr. dogm. de M. Teysseyre, p. 71. Il serait intéressant de rapprocher encore ce texte inédit de la page 71 du passage de l'Essai, t. I, chap. v, p. 105.

1° Texte inédit de l'abbé Teysseyre : « Le perpétuel sophisme plein d'ignorance et de mauvaise foi qui règne dans toutes ces objections, c'est de ne considérer dans la Religion que cette partie du culte extérieur nommé discipline qui consiste dans des usages et des cérémonies variables selon les circonstances, et d'insinuer par là que c'est en cela que consisté toute l'essence de la religion, etc... » Le ‘2e L'abbé de La Mennais, dans l’Essai : « Jean-Jacques il est vrai distingue le cérémonial de la Religion de la Religion même, etc... »

serait-il pas insensé de mépriser un moyen extrémement utile de salut! ? ;

La nécessité de la religion chrétienne apparait plus claire-

ment encore si on la considère comme une religion surnaturelle dans son origine, dans sa fin et dans ses moyens. Surnaturelle dans son principe, c’est une institution divine, munie de toute l'autorité de Dieu qui l’a révélée?; surnaturelle dans sa fin etses moyens, elle enseigne que l’homme ne peut atteindre sa fin, qui est la participation à la perfection et au bonheur de la divinité, que par la médiation du fils et le ministère de l'Esprit sanctilicateur ?. Les relations qui résultent de cet ordre surnaturel ne sont pas moins nécessaires que celles qui résultent de l’ordre naturel : comment serait-il indifférent de croire et de pratiquer des vérités que Dieu luimême a révélées {?

Enfin, en troisième lieu, ce système conduit à la tolérance absolue de tous les crimes et de toutes les erreurs contraires à la religion naturelle. Carle principe du tolérantisme mitigé étant la tolérance de toutes leserreurs que notre raison nous montre n'être pas fondamentales ni incompatibles avec le salut, d’après ce principe il faut tolérer toutes les erreurs et tous" les crimes les plus abominables de tous ceux qui prétendent agir par conviction et par principe?. Si l’on refuse de tomber dans ces absurdités, et si l’on veut se restreindre au système des points fondamentaux développé par Jurieu et Calixte et adopté avec enthousiasme par la Réforme, on verra, lorsqu'il s’agira de déterminer ces articles fondamentaux, les partisans de ce système se partager en une multitude innombrable d'opinions discordantes, en sorte que ce système conduit encore à la tolérance absolue 6.

. Arch. de Saint-Sulpice, 1nstr. dogm. de M. Teysseyre, p. 71.

. Ibid., p. 72.

. Ibid.

. Ibid., pp. 72-73:

. Ibid., p. 73. Cf. Essai sur l'Indifférence, t. 1, chap. v, pp. 117-121, où l'abbé de La Mennais montre que Rousseau ne peut défendre contre l'athée même l'existence de Dieu; et pp. 132-134 où il montre que le déisme détruit la morale et justifie les crimes les plus abominables, polygamie, libertinage, adultère, inceste, etc.

6. Arch. de Saint-Sulpice, Instr. dogm. de M. Teysseyre, pp. 74-75. Cf. sur cette question des points fondamentaux : Essai sur l'Indifférence;t. I,chap. vi, p. 140; ibid., p. 153 ; ibid., pp. 161 et 163, et tout le chap. vu. En marge, l'abbé Teysseyre avail noté : « Ces systèmes qui firent tant de fracas à

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