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Il est donc prouvé que la seule véritable religion est nécessaire au salut de l’homme. On montrera que seule aussi elle peut procurer la gloire extérieure de Dieu, en sorte que les fausses religions, et à plus forte raison l'indifférence religieuse, sont injurieuses à Dieu. Car si la religion est véritable, on en doit conclure que Dieu place sa gloire accidentelle et extérieure dans le salut de ses créatures raisonnables, et dans l’hommage qu’elles lui font de leur perfection et de leur bonheur ?. On ne saurait objecter que Dieu est trop grand pour s’abaisser jusqu’à être honoré par les hommages des hommes?;
n1 dire que les religions sont des institutions variables, indif-
férentes. Ce serait dire que la nature de Dieu, ses préceptes
doivent changer suivant les temps, les lieux, le génie et les mœurs des peuples. Que si l’on en vient au fond de Pobjection, on devra reconnaître que Dieu est trop grand pour ne pas exiger ce qui est conforme à l’ordre“, pour voir du même œil la vérité et l'erreur, et pour être également honoré par le crime et par la vertu?. Quoi de plus injurieux à Dieu, posé la
‘leur naissasce, sont tombés dans le mépris et l'oubli, s’engloutissant
dans l’abime de la Tolérance et de l’Indifférence absolues comme l'avait prédit le grand Bossuet. »— Cf. Essai sur l'Indifférence,t. 1, chap. vi, p. 140 : « Comme ce système est devenu la base de la théologie protestante, je ferai voir que la Réforme y a été nécessairement amenée par ses principes ; d’où l’on conciura qu'elle devait aboutir nécessairement, selon la prédiction de Bossuet, à l'indifférence absolue des Religions. »
1. Arch. de Saint-Sulpice, /ntr. dogm. de M. Teysseyre, p. 75. Cf. Essai sur l'Indifférence, t. 1, chap. xvu (2° partie, chap: v), p. 373 (1re éd., p. 473) : « Supposé qu'il existe une religion véritable, je veux montrer combien le mépris de ses dogmes et la violation de ses préceptes est injurieux à Dieu et criminelle dans l'homme. »
2. Arch. de Saint-Sulpice, /ntr. dogm. de M. Teysseyre, p. 75. Cf. Essai sur l’Indifférence, t. 1, pp. 374-375. Lorsque Dieu « résolut de créer, ne devant rien qu’à lui, puisqu'il n'existait que lui, il ne put se proposer
qu'uné fin relative à lui-même, c'est-à-dire, sa gloire, ou la manifestation
de ses perfections infinies... Or, manifester ses perfections, c'était manifester son être, en produire au dehors une vivante image, etc, » :
3. Cf. Essai, etc., t. LI, p. 377 : « qu’importent à l'Éternel les stériles hommages ou les folles insultes d'un être d’un jour ?.. Dieu, n'en doutez pas, est trop grand pour s baser Jusque à l'homme, et l'homme est, trop petit pour s’élever jusqu'à Dieu », etc.
4. Cf. fbid. : « Dieu est trop sage pour avoir établi aucun ordre parmi ses créatures intelligentes, pour leur avoir prescrit des lois, pour exiger qu'elles les observent! » etc.
5. Arch. de Saint-Sulpice, {nstr. dogm. de M. Teysseyre, p. 75. Cf. Essai
MARECHAL. — La Jeunesse de La Mennais. 40
vérité d’une religion révélée, que de croire et de pratiquer sur la morale, les dogmes et le culte, tous les systèmes absurdes et extravagants qu'il plaira à quelque cerveau malade d’inventer, aux législateurs de prescrire, aux peuples de professer !?
Peut-être dira-t-on avec les déistes que toutes les religions positives sont à peu près indifférentes pour honorer Dieu, et que seule la religion naturelle est nécessaire. Mais, si Jésus- Christ est Dieu, il ne saurait voir avec la même complaisance le Juif qui le crucifie, le Mahométan qui le soumet au grand Prophète, le philosophe impie qui l’insulte et le chrétien qui Padore*.
Enfin, si l’on se retranche à dire avec les réformés que du moins la croyance et la pratique des articles non fondamentaux ne sont pas nécessaires à la gloire de Dieu*;. on répondra d’abord que cette distinction d'articles fondamentaux est chimérique ; ensuite qu'on ne peut refuser sa foi d’une manière coupable et opiniâtre à la moindre des vérités toujours utiles que Dieu a révélées, sans se révolter contre son autoritéi; enfin que, selon les adversaires, l’autorité infaillible des pasteurs de l’Église et la présence réelle de Jésus-Christ dans l’'Eucharistie ne sont pas des articles fondamentaux. Or, si Jésus-Christ est réellement le Fils de Dieu mort pour nous sauver sur la croix, présent dans l’Eucha- ‘ristie pour y être adoré, comment verrait-1l du même œ1l ceux qui reconnaissent ces vérités et ceux qui les nient ?
Il suffit d'imaginer la profession de foi d’un des sectateurs de Pindifférentisme pour en fre sentir toute lextravagance.
sur l'Indifférence, L. 1, chap. xu, p. 377 : « En te donnant l'être, il La dit: Je te crée pour w'adorer ou pour m'outrager, comme il te plaira, pour m'aimer où pour me haïr, selon tes caprices ; la vérité, l'erreur, le bien, le mal, tout en toi m'est indifférent. »
1. Arch. de Saint Sulpice, /nsfr. dogm. de M. Teysseyre, pp. 75-76.
2. Ibid., p. 77. Cf. Essai sur l'Indifférence, &. 1, chap. 1v, p. 87, et chap. v, pp: 105-106.
3. Arch. de Saint-Sulpice, Znstr. dogm. de M. Teysseyre, p. 78.
4, Arcb. de Saint-Sulpice, Intr. dogm. de M. Teysseyre, p.78. Cf. Essai sur l'Indifférence, {.I, chap. vu, pp.168-169: « Mais voici une chose étrange: Dieu révèlera aux hommes des vérités nécessaires à l’homme, et les hommes ue seront pas obligés de croire Dieu, et ils resteront maitres de rejeter lex vérités que Dieu leur révèle ! Alors à quoi bon une révélation ? Mieux valait que Dieu gardât le silence, si l’on est libre de le démentir, de réformer ses enseignements, de lui dire : Nous te connaissons mieux que tu ne te connais toi-même, etc... »
manon di védeh GURe DS
PACA
Na Da VE