Ibid
leur propre faiblesse, et la sûreté d’après la bonté de Dieu. Or, de l’aveu de tous, l’autorité de Jésus-Christet de l'Eglise catholique sont visiblement au-dessus de toutes les autres autorités religieuses, en sorte que l’on convient généralement qu’à ne considérer que l'autorité visible, l’Église catholique doit l'emporter sur toutes les sectes. Donc, si la religion catholique est véritable, elle est à la portée de l’universalité morale des hommes.
1. Arch. de Saint-Sulpice, 1nstr. dogm. de M. Teysseyre, pp.82-83. L'abbé Teysseyre indique, en marge, des motifs de développement que nous retrouvons dans l’Essai: « II me serait facile de montrer que la vérité de la religion est encore plus à la portée de tous les hommes auxquels on la propose suffisamment, que la plupart des sciences nécessaires à la vie civile. » Cf. Essai, t. I, chap. 1v, p. 99 : « Étudiez les preuves du christianisme avec le même soin, avec la même bonne foi que vous étudiériez une science humaine, etc... »
Signalons aussi ce passage : « Refuser d'écouter la religion, c’est la condamner sans l'entendre, etc. Comparaison d'un juge inique. » (Ms. Teysseyre, p. 83). Cf. Essai, t. I, p. 24 : « Qu'est-ce que la vérité? demande le juge distrait et stupide ; et, sans attendre la réponse, il sorli, déclare qu’il ne [rouve rien de condamnable dans l'accusé, et le livre avec indifférence. à la multitude pour en faire son jouet et bientôt sa victime. »
Autre rapprochement textuel : « Je ne vous dis pas encore de les croire (les preuves du christianisme), mais d'examiner, etc. » (Ms. Teysseyre, p. 86.) Cf. Essai, t. I, Introd., p. 81 : « Je ne leur dis point : croyez;
mais : examinez. » (1 éd., p. 51.)
Plus loin, l'abbé Teysseyre écrit : « Seule elle (la religion) est à la portée même des enfants qui la saisissent ordinairement avec une merveilleuse rapidité lorsqu'ils sont de bonne volonté. » (Ms. Teysseyre, p. 87). Cf. Essai, t. I, chap. 1x, p. 250 : « La foi... prétant une force infinie à la raison même de l'enfant... le décide irrévocablement sur toutes les grandes questions qui font tourner la tête aux philosophes. »
Voici quelques notes qui ont eu leur plein effet dans l’Essai. L'abbé Teysseyre écrit : « Il faut ici développer la folie téméraire et criminelle des indifférents d’après Régnier, 2, p. 397. » Véritable faiblesse d'esprit, fureur, folie. » (Ms. Teysseyre, p. 87). On trouve ce développement dans l'Essai sur l'Indifférence, t. I, p. 202(1'° éd., p. 233) : « En effet, ce défaut absolu de prévoyance, cette tranquillité stupide avec tant de motifs de s'inquiéter, cet aveugle élan dont on se précipite dans un avenir inconnu et sans bornes, ne sont-ils pas évidemment la marque d'un esprit aliéné que la fièvre transporte, ou que domine un brutal instinct ? »
Teysseyre ajoute : « Il cite Pascal, 399 ». (Ms. Teysseyre, p. 87). Cf. Essai sur l'Indifférence, &. 1, pp. 203-209, cette citation de Pascal.
Immédiatement après, l'abbé Teysseyre écrit : « Comparaison de
l’homme dans un cachot, p. 402. » (Ms. Teysseyre, p. 87). Cf. Essai sur
l'Indifférence, etc., t. I, p. 207. Il s'agit du passage fameux de Pascal : « Un homme dans un cachot, ne sachant si son arrêt est donné, etc. » Teysseyre : « Encore si leur indifférence anéantissoit ces vérités, mais. » (Ms. Teysseyre, p. 87). Cf. Essai sur l'Indifférence, t. I, p. 214 : « Si l’on pouvait éviter l'enfer en n’y pensant pas, je verrais un motif à eette prodigieuse insouciance. »
Teysseyre : « Comparaison avec la conduite des indifférents dans les
L'indifférence en matière de religion, fausse et absurde dans ses principes, est, de plus, funeste dans ses effets 1.
Elle est funeste à la société, à la vertu et au bonheur des hommes, ainsi qu’à la gloire de: Dieu?. Car elle est impossible et illusoire dans la pratique comme étant opposée à la nature de l’homme. La raison le prouve : la neutralité volontaire, l'équilibre moral qui constitue l'indifférence religieuse, est impossible à l’homme. « L’homme se porte de tout le poids de sa nature vers la connaissance de la vérité comme à la vue de la lumière. L'esprit a besoin de croire comme le cœur a besoin d'aimer; le doute et l'incertitude sont pour lui des états violents d'angoisse et d’anxiété. C’est le fardeau, le supplice d’une âme raisonnable. Tous, depuis le laboureur jusqu’au philosophe consacrent leur vie, souvent sans y penser, à la recherche de la vérité.
Voyez la scène du monde : personne n’est indifférent sur la vérité : disputes littéraires, controverses philosophiques, querelles domestiques roulent sur des vérités dont on n’est pas d'accord. On n’est pas même indifférent sur les vérités les plus frivoles : Rome a été divisée sur le mérite d’un gladiateur ; au siècle de Louis XIV l’Europe a pris parti entre deux musiciens ; de nos jours, tout Paris est divisé d’une actrice ou d’une pièce nouvelle; en un mot on ne sera presque indifférent sur aucune vérité; comment le serait-on sur la vérité religieuse ? »
L'expérience vient ici confirmer la raison. Nulle part on ne trouve un peuple indifférent sur la religion, dont le symbole arrêté ne condamne pas tous les symboles contraires. Tou-
autres affaires, p. 407. (Ms. Teysseyre, p. 87). Cf. Essai sur l'Indifférence, t. I, p. 201 : « Si Dieu existe ou non, si à cette courte vie, etc. » (1r° éd., p- 232).
Teysseyre : « Montrer combien cela outrage Dieu, p. 429 » (Ms. Teysseyre, p. 87). Cf. Essai sur l'Indifférence, &. I, p. 214 : « Or, qu'est-ce que tout cela sinon la haine de la vérité, et par conséquent la haine de Dieu, vérité suprême? Y a-t-il lieu de s'étonner qu'il rejette ceux qui le haïssenL ? et à quel autre sort ces infortunés doivent-ils s’attendre? »
1. Arch. de Saint-Sulpice, Instr. dogm. de M. Teysseyre, pp. 87-88.