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été profondément religieux!. — Dans les temps modernes, 1l est facile d’opposer les effets du christianisme dans les siècles où il a été cru et pratiqué, à ceux de l'indifférence et de l’impiété. Pourquoi les cantons suisses catholiques et l'Espagne ont-il montré tant d'énergie pour résister à toutes les forces de la France, tandis qu’une campagne de trois mois a suffi pour subjuguer la Prusse et l’Allemagne? C’est que les premiers étaient essentiellement religieux, tandis que les derniers étaient abâtardis par lindifférentisme et la philosophie ?. |
Le manuscrit de Pabbé Teysseyre s'arrête sur ces lignes. Nous avons tout lieu d'estimer l’épreuve suffisante.
L'étude de ces manuscrits établit, croyons-nous, d’une manière indiscutable, l'influence de l'abbé Teysseyre sur la conception du premier volume de l’Essai sur l’Indifférence. Elle permet aussi de déterminer sur quels points précis cette influence a pu s'exercer davantage : l’indifférence considérée comme la dernière des persécutions dans le plan divin, ce qu'il y à d’original et de nouveau dans l'attitude des modernes indifférents qui, pour la première fois, font reposer leurs prétentions sur des principes ; comment ces principes sont issus de la Réforme et de la Philosophie moderne qui en dérive ; le plan même de la réfutation esquissée, et qui consiste à attaquer l’indifférence religieuse ainsi caractérisée, dans ses bases théoriques, puis dans ses conséquences: pratiques, enfin dans les prétextes dont elle veut se couvrir ; la folie hautement signalée de l'indifférence systématique, puisque la religion ne
1. Inédit. Arch. de Saint-Sulpice, p. 95. Cf. Essai sur l'Indifférence, t. 1, pp. 47 et 50 : « L'empire, privé de l'appui qu'il empruntait de la Religion, chancela tout à coup,ete.» ,
2. Ibid., Instr.doam. de M. Teysseyre, pp. 95-96. La religion, dira dans VEssai sur l'Indifférence l'abbé de La Mennais, utilisant ce passage ; la religion était dans les nations comme ressort: «Ce qui s'est passé de nos jours en Espagne rend ceci bien sensible. On n'oubliera de longtemps ce cri généreux inspiré parle Christianisme à tout un peuple: Mourons pour la cause juste ! Et les nobles efforts de ce peuple croyant pour maintenir son indépendance, efforts que le succès a courronnés, et devait nécessairement couronner. sont plus remarquables encore par le contraste de la faiblesse, on pourrait dire de la lâcheté de quelques autres nations ! » (Essai sur l'Indifférence, t. I, chap. n, p. 63.)