Ibid., p
marche donc vers la destruction en morale comme en politique, quand les vérités spirituelles sont proscrites où méconnues. On l’a vu jadis, comme on le voit aujourd’hui. Nous assistons à l’une des phases de l’éternel combat des sens contre la raison, de la chair contre l’esprit: la raison élève l’homme vers la vérité, vers l’ordre conservateur des êtres, vers les dogmes les plus spirituels, les plus utiles, et par là même pleins de réalitét; les sens au contraire l ensevelissent dans les } Jouissances physiques, le soulèvent contre la vérité et par conséquent contre l’ordre?. Aussi, depuis son apparition sur la terre, le Christianisme, assemblage, dans ses préceptes et dans ses dogmes, de toutes les vérités utiles à l’homme, le Christianisme qui s . force de réduire en servitude les sens, et d’affranchir, éclairer et diviniser la raison, a dû soutenir un combat sans merei contre lPabjection des sens 3. Pour s'établir il a dû surmonter «les intérêts, les passions et les opinions» ;1l a fallu vaincre d’abord l’avarice des prêtres d’idoles, l’orgueil des sages, la politique des empereurs 5 ; triompher dela persécution de l'ignorance et des sophismesf; vaincre dans son sein la révolte des sens en réformant les mœurs et la discipline 7; résister aux attaques que le protestantisme dirige contre P ot ce roc inébranlables . sur lequel LE Église ct assise : mais la Réforme, roulant d’abime en abime, du -luthéranisme au socinianisme, au déisme puis à l’athéisme se détruit elle-même ?. Alors la philosophie ne pouvant reproduire des sophismes mille fois répétés, ni en inventer de nouveaux, invente la persécution de lindifférence ; elle refuse d'écouter les preuves de la religion, et elle présente comme le complément de la sagesse humaine une « privation absolue d’idées sur ce qu'il importe le plus à l’homme de connaître 10 ». On tolère donc la vérité, en affec-