‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 431 sur 504 · Zbid., p · texte numérisé non relu

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10. Ibid. p. 21. I1 vient d'indiquer, p. 20, que dans le livre de la Nature on « efface avec soin le nom de Dieu », pour s'arrêter uniquement aux pages « qui nous instruisent des propriétés des corps et des jouissances qu’on en peut tirer ».

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tant de la mépriser ! « Qui jamais ouït parler avant ce siècle des lumières de tolérer l’immortalité de l’âme, la vie future, le châtiment du crime et les récompenses de la vertu, de tolérer Dieu! ! » Du reste on avilit la religion autant qu'il est possible, on l’outrage par le dédain et même par une insultante protection. Rien n’est done plus nécessaire que de montrer que l'indifférence en matière de religion est aussi absurde dans ses principes que funeste dans ses effets ?.

La préoccupation dominante de labbé de La Meunais s'affirme encore dans ces pages : aujourd’hui comme en 1809, il oppose les doctrines spirituelles aux doctrines matérialistes, lesprit à la chair, la raison aux sens, comme la liberté à la tyrannie ; s’il rappelle les excès révolutionnaires, s’il s'attache avec tant de soin à montrer que l'ignorance de la vérité religieuse est la cause de tous les désordres, c’est que l'anarchie n’est à ses yeux qu'une des formes, la plus redoutable, de la tyrannie. On a dit avec raison que l’Essai sur l’Indifférence est un livre de défense sociale. La suite le montrera mieux encore.

Après l’/ntroduction, l'ouvrage débute en effet par des Considérations générales sur l’Indifférence religieuse dans lesquelles domine évidemment la préoccupation sociale. La société, déclare l’abbé de La Mennais, partage invariablement les destinées de l'esprit humain ; elle n’est sujette aux révolutions que parce qu'il l’est aussi. L'empire des doctrines dominantes est absolu sur les hommes. Que des observateurs superficiels attribuent la Réforme à la jalousie d’un moine ou la Révolution à un déficit de quelques millions, il n'importe: «l’homme n’agit que parce qu'il eroit5 » et les actions, soit en bien, soit en mal, sont la fidèle traduction des croyances vraies ou erronées. Et c’est pourquoi d’abord « à l’égard de la société, 1l n’y a point de doctrine indifférente en Religion, en morale, en politique ». Principe évident, dont les anciens

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