‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 432 sur 504 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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avaient fait une des règles de leur politique. « Le secret de remuer les peuples n’est que l’art de les persuader! » : Mahomet lance les Arabes à la conquête du monde, et Luther, en persuadant aux peuples que la souveraineté est en eux, fait monter des rois sur les échafauds. « La logique des nations, toujours rigoureuse, devient terrible par cela même lorsqu'elles sont. imbues de quelque fausse maxime. Un individu peut reculer devant les conséquences, la société jamais. Quelque chose de plus fort que l’horreur de sa destruction l'entraine ; et, même en périssant, elle obéit à la loi générale, conservatrice des êtres intelligents, à cette raison immuable, universelle, qui fait pour ainsi dire le fond de tous les esprits, et dont rien ne saurait altérer la rectitude inflexible, soit qu’elle s'applique à l'erreur ou à la vérité ? ». Or, en toute doctrine il y a vérité ou erreur ; toute doctrine est donc avantageuse ou funeste. Le christianisme avait sanctifié l’obéissance, établi les vrais rapports sociaux, épuré les mœurs, suppléé les lois ? ; l'Europe s’avançait vers la perfection quand la Réforme ‘arrêta soudain ses progrès « par un changement total dans les doctrines. Au principe d’autorité, base nécessaire de la foi religieuse et sociale, on substitua le principe d'examen, c’est-à-dire qu’on mit la raison humaine à la place de la raison divine, ou l’homme à la place de Dieu #. Souverain de droit dans l’ordre politique comme dans l’ordre religieux, chacun prétendit de fait à l'empire, et voulut établir le règne de sa raison particulière et de son pouvoir particulier ; prétention absurde, mais conséquente », conduisant « à la servitude politique et à l’anarchie religieuse qui n'est en réalité que la servitude de toutes les erreurs 5. L'esprit d'indépendance, ou l’esprit de domination, car, sous des apparences opposées, ce n’est au fond que le méme sentiment, passa des opinions dans les mœurs. On avait nié l’autorité, on s’affranchit de l’obéissance, et chaque négation nouvelle conduisit à une nouvelle destruction. En niant le sacrifice on détruisit le culte et les monuments du culte ; en niant le libre arbitre, la vie future, on détruisit les

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