‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 433 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

devoirs ; en niant Dieu, enfin, on détruisit tout, les lois, la société, l’homme même.

Après une expérience si décisive, je ne pense pas qu’on soit tenté de révoquer en doute. l'extrême influence des doctrines sur la société, ni de supposer qu'il puissé y en avoir d’indifférentes pour ‘elle LS

D'ailleurs, c’est sur cette maxime même que pendant cinquante ans la philosophie s’est fondée pour saper toutes les opinions régnantes, et les preuves de fait dont elle l’a récemment appuyée «en ont porté pour les plus aveugles la démonstration jusqu’à l'évidence ? ».

S'il n’y a pas de doctrine indifférente à l'égard de la société, il n’en est pas non plus d’indifférente à l’égard de l’homme ; car l’indifférence est opposée à la nature humaine : « Juger, croire, aimer, haïr, sont des actes inhérents à la nature des êtres intelligents. C’est leur mode essentiel d'existence, et les en dépouiller, ce seroit les anéantir ?. » Aussi lindifférence croit-elle à proportion de l’ignorance, et lindifférence complète correspond à l’idiotisme absolu. Quand elle s’étend à une nation tout entière, c’est le signe le moins équivoque de sa décrépitude #. Les gouvernements pourraient prévenir le mal ; mais généralement ils en sont atteints les premiers, et c’est du pouvoir que part lirréligion pour descendre enfin jusque dans les derniers rangs de 1 nation®.

Ces dernières considérations fsont empruntées au manuscrit de l'abbé Teysseyre et à Saint- Sulpice, comme celles qui les précèdent immédiatement à Bonald. Elles seront, d’ailleurs, reprises, commentées et développées dans la seconde partie du volume. Mais au ton de l’abbé de La Mennais, à la véhémence de ses apostrophes, il est impossible de méconnaitre déjà quels sentiments profonds l’animent : tout ce que son expérience d'enfant et de jeune homme a condensé, nous l’avons vu, de colères et de rancunes contre Les philo sophes de tout poil, etles indifférents, véritables auteurs responsables de la crise révolutionnaire dont les siens ont tant souffert, dans laquelle a sombré la fortune de son père et de

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