Ibid
MARECHAL. — La Jeunesse de La Mennais. ? 41
Dieu ! », qu’ils soient plus ou moins avancés dans l’erreur, n’en sont pas moinsles auteurs responsables des misères des âmes et du malheur des temps : de toutes ses forces l’abbé de La Mennais va donc attaquer maintenant les trois catégories d'indifférents dogmatiques qu’il a successivement rencontrés sur sa route : les philosophes athées, les déistes à la Jean- Jacques et le tolérantisme protestant.
En vain les philosophes voudraient-ils prostrire toute Religion ; il faut bien qu’ils reconnaissent que sans Religion la société ne saurait subsister : car elle fonde seule les devoirs qui, eux-mêmes, Son l'unique lien de la société. « Rien ne peut suppléer la conscience ? », ni l'empire de la Religion sur elle. Les anciens en étaient si persuadés qu'ils la placèrent partout, et si les philosophes de lantiquité la critiquèrent, ils la considérèrent comme tellement nécessaire en politique « qu'ils la confondirent avec les institutions purement politiques, et la crurent une invention du législateur? ». Système funeste, qui livra jadis l'Empire romain privé de religion, comme une proie sans défense à « des peuples forts de leurs croyances et de leurs mœurs * », et qui opposa au Christianisme naissant non pas certes des croyances véritables, car « un eulte vide de foi et par conséquent dépourvu d'effet ?», de même que « de futiles déclamations ne remplacent point des doctrines sociales $ » ; mais « l'indifférence générale » et l’hostilité des magistrats qui soutenaient le paganisme « comme institution de l'Etat 7 ». Le Christianisme n’en venait pas moins, de l’aveu même des philosophes, sauver la société menacée d’une subversion totale : Diderot n’a-t-il pas écrit : « Il faut sans doute des. préjugés aux hommes ; sans eux point de ressort, tout s'en- | gourdit, tout meurt. » Il avouait done que « la mort de la société, la mort du genre humain, serait le résultat de la victoire que la sagesse moderne s'efforce de remporter sur ce qu’elle nomme les préjugés $ ».
. Essai sur l'Indifférence, t. I, p. 44.
. Ibid., p. #7.
Ibid., p. 48.
. Ibid., p.50.
. Ibid., p. 52.
. Ibid.
. Ibid., p. 63.
. Ibid., p: 52.
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