‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 436 sur 504 · UN R · texte numérisé non relu

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L'abus de la raison, quand le Christianisme apparut

sur la terre, menaçait la société de la ruine ; il la guérit,

Le Au 71 apporta le seul remède d’un si grand mal.

€ Il n’y a qu’un moyen de tirer les hommes dé l’indifférence où les jette l'abus de la raison : c’est de dompter cette raison altière, en la forçant de plier sous une autorité si haute et si édattute: qu'elle n’en puisse méconnaître les droits. Il faut la convaincre qu il existe une raison supé-

rieure, immuable règle du vrai, à laquelle elle doit se sou-

mettre comme au suprême monarque de toutes les intelligences : il faut en un mot que, reconnaissant la souveraineté de Dieu, elle s’élève jusqu’à une obéissance absolue, qui, la retenant à sa place, d’où elle ne sort jamais que pour s’égarer, l'empêche de se ravir à elle-même la possession de la vérité!. » C’est en agissant ainsi que le Christianisme garantit l’Europe de l'indifférence pendant quinze siècles *, jusqu’au moment où la Réforme, faisant reculer l’esprit humain jusqu’au paganisme, développa son « système de philosophie anarchique » et accomplit son « monstrueux attentat contre le pouvoir qui régit la société des intelligences ÿ ».

Le Breton déçu, ruiné, intérieurement désolé par l’œuvre révolutionnaire, et d’ailleurs disciple enthousiaste de Bonald, reconnait sans peine dans la doctrine théologique des protestants la doctrine même des « anarchistes de 93 * ». Ces derniers « cherchèrent à établir l’ordre social sur la liberté et l'égalité, la liberté absolue d'action, et l’égalilé d'autorité ou de droits, ce qui n’était qu’une conséquence exacte de la souveraineté du peuple, qui, d’un côté, excluant tout supérieur, laisse chacun entièrement lzbre ou maître de lui même; et de l’autre, appartenant également à tous, doit être partagée par tous également? ». De leur côté, les protestants « ayant posé en principe la souveraineté de la raison humaine en matière de foi, essayèrent de donner pour base à la Religion, la liberté et l'égalité, c’est-à-dire la liberté de croyance et l'égalité d’autorité ; et cette doctrine commune

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