Ibid
aux révolutionnaires politiques et religieux, à dû avoir et a eu réellement un résultat semblable dans l’ordre politique et dans l’ordre religieux; dans l’un, elle a produit tous les crimes, dans l’autre toutes les erreurs! ». Chaque secte ne pouvant trouver une autorité régulatrice des croyances el des actions sans se condamner elle-même, « l'impuissance absolue de trouver un point de repos sur les sables mouvants de la Réforme contraignit les esprits conséquents de traverser rapidement tout le Christianisme pour arriver au même terme que la philosophie antique, c’est-à-dire à l'athéisme d’abord, et ensuite à l’indifférence?. » On vit alors, comme jadis à Rome, la religion devenir « une institution de l’État, complètement soumise au chef de l'Etat, même quant au dogme ». Le fébronianisme et le joséphisme que l'abbé de La Mennais a pu connaitre, apprécier et combattre dans la Tradition de l'Eglise dérivent donc, à ses yeux, de l'état d'esprit général qu'avait enfanté la Réforme. Elle conduit, en effet, à la confusion complète de l’ordre politique avec l’ordre religieux ; mais d’un pareil compromis, résulte la pire des tyrannies: la religion n’est plus qu'un article de la constitution, espèce de contrat entre le peuple et le souverain, où le peuple stipule sa servitude religieuse en échange de ce qu'il prenait pour la liberté politique # »; illusion fondamentale, « car la servitude consiste, non dans l’obéissance à l'autorité, ce qui est au contraire la seule liberté véritable, mais dans l’asservissement à une autorité dépourvue de droit? ».
L’Angleterre, les autres Etats de l’Europe sont travaillés de ce mal; les gouvernements, qui ne songent qu'à neutraliser les croyances les unes par les autres « ne se doutent pas que l’obéissance à l’autorité, même civile, lorsqu'elle n’est pas le produit violent de la contrainte, est le plus grand effort de la foi6». Toujours, on le voit, il faut en revenir, avec l'abbé de La Mennais, à la question de la liberté: elle est au fond de toutes ses controverses, l’objet véritable de
. Essai sur l'Indifférence, t. I, p. 56.
Hibrde
. Ibid.
bd DEN
. Ibid., pp. 57-58.
. Ibid., p. 61.
AR C'Æ EN mi