MEN ESS
“tous les combats qu'il engage. En signalant les funestes
effets de la situation qu’il vient de décrire, c’est d’abord sur ce côté de la question qu’il insiste: depuis que la Religion comme croyance n’est plus partout pour rendre « le peuple libre et soumis » sous un « gouvernement doux et fort! », l’état de guerre règne entre les gouvernements et les peu-
ples, les uns tendant au despotisme, les autres à la rébellion.
Qu'est devenue aussi cette énergie patriotique dont la religion, l'Espagne l’a clairement prouvé, est le principal ressort ?
«La Religion, en forçant l’homme à obéir au pouvoir, assure la liberté des peuples; tandis que lincrédulité, dont l'indifférence est le dernier terme, en détruisant le principe d’obéissance, dispose à la servitude et y conduit tôt ou tard?. »
Législatrice et arbitre dans toutes les transactions sociales, la Religion sanctifiait le mariage, conservait la famille « par
un sage accord d'autorité et de dépendance # » ; elle prêtait quelque chose de moral à toutes les institutions et, partout « ennoblissait l’obéissance par de sublimes motifs # ». L’indifférence religieuse transforme au contraire le mariage en convention temporaire et met l'anarchie dans les familles. Plus de frein pour lindividu : « Toute la morale à été écrite dans les pages du Code criminel... On à dit à l’homme: La Religion est une invention de l’homme; alors tout lui a paru des inventions humaines, même la vérité, même la justice, et se sentant assez grand pour n’obéir qu'à Dieu, il a rejeté le joug de l’homme’. »
Joug insupportable en effet aux yeux de l’abbé de La Mennais, si Dieu lui-même ne vient le rendre léger en le transformant en obéissance à sa loi: 1l vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes.