‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 438 sur 504 · MEN ESS · texte numérisé non relu

MEN ESS

“tous les combats qu'il engage. En signalant les funestes

effets de la situation qu’il vient de décrire, c’est d’abord sur ce côté de la question qu’il insiste: depuis que la Religion comme croyance n’est plus partout pour rendre « le peuple libre et soumis » sous un « gouvernement doux et fort! », l’état de guerre règne entre les gouvernements et les peu-

ples, les uns tendant au despotisme, les autres à la rébellion.

Qu'est devenue aussi cette énergie patriotique dont la religion, l'Espagne l’a clairement prouvé, est le principal ressort ?

«La Religion, en forçant l’homme à obéir au pouvoir, assure la liberté des peuples; tandis que lincrédulité, dont l'indifférence est le dernier terme, en détruisant le principe d’obéissance, dispose à la servitude et y conduit tôt ou tard?. »

Législatrice et arbitre dans toutes les transactions sociales, la Religion sanctifiait le mariage, conservait la famille « par

un sage accord d'autorité et de dépendance # » ; elle prêtait quelque chose de moral à toutes les institutions et, partout « ennoblissait l’obéissance par de sublimes motifs # ». L’indifférence religieuse transforme au contraire le mariage en convention temporaire et met l'anarchie dans les familles. Plus de frein pour lindividu : « Toute la morale à été écrite dans les pages du Code criminel... On à dit à l’homme: La Religion est une invention de l’homme; alors tout lui a paru des inventions humaines, même la vérité, même la justice, et se sentant assez grand pour n’obéir qu'à Dieu, il a rejeté le joug de l’homme’. »

Joug insupportable en effet aux yeux de l’abbé de La Mennais, si Dieu lui-même ne vient le rendre léger en le transformant en obéissance à sa loi: 1l vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes.

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