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G4ÿ LE PREMIER VOLUME DE L Q ESSAI SUR L'INDIFFÉRENCE »
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Que ce système soit d’ailleurs absurde, c’est ce qu'on prouve à la manière de Saint- Sulpice, mais d’une plume véhémente, par l’histoire, le raisonnement et l'expérience. On prétend que des législateurs ont inventé la Religion: qui nous montrera ces législateurs, qui nous désignera 1 peuple élu pour cette invention, qui fixera la date de la découverte ? L’assertion est donc contraire à tous les documents de l’histoire et à la tradition uriverselle!.
Le raisonnement la réfute encore mieux, et c’est ici que déjà l’on échappe à Saint-Sulpice: « La société est l’état naturel, l’état nécessaire de l’homme : hors de la société, 1l ne peut ni se reproduire, ni se conserver. Done la Religion, sans laquelle il ne saurait exister de société, est nécessaire comme la société :'donc elle n’est pas une invention humaine?. » Argument emprunté directement à Bonald, comme l’est aussi le suivant, qui, repris et développé plus tard, soulèvera tant de polémiques: la Religion n’est pas seulement nécessaire, elle est encore universelle; sans doute certaines religions peuvent varier en ce qu'elles ont d’arbitraire : « Mais le fond en a subsisté toujours, sans quoi la société eût manqué d'une condition nécessaire à son existence3. » Les législateurs anciens ont pu donner à leurs lois une consécration divine parce que la Religion avait précédé ces lois, et était plus qu'une partie de ces lois.
Une Religion fausse n'aurait pu s'établir chez tous les peuples sans exception, ni surtout se perpétuer : une erreur qui froisse les passions n’aurait pu être ainsi adoptée universellement. L’uniformité des dogmes fondamentaux de la Religion exclut done nécessairement l'hypothèse qu’elle ait pu être inventée : « Reconnaissez-vous dans cette étonnante uniformité le caractère d’une invention de l’homme ?.. L’erreur est arbitraire, et de là vient qu’en ce qu’elles ont de faux
1. Essai sur l'Indifférence, t. I, chap. m1, pp. 66-67. 2. Ibid., p. 67.