‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 44 sur 504 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

qui nous suivait de marcher devant ou derrière. Nous lui

. avions fait la charité. Ils apprennent à pincer la guitare et

vont faire dancer dans les campagnes; en ot de là ils

. viennent dans les villes, continuent leurs études bien faibles, ils reçoivent les ordres dès qu'ils peuvent dire la messe: ils

ont de quoi vivre, et les meilleurs prêtres sortent encore de

cette classe. Les étudians riches ou aisés mènent la vie la plus licentieuse; nous lavons vu très souvent... Comment pourrait-on espérer des ministres du culte dignes du sacer-

doce avec une pareille éducation t ? »

Les Bulles du Pape concernant le clergé espagnol intéressent beaucoup Jean-Marie et Félicité; ils voudraient force détails à ce sujet; mais leur frère est bien en peine de leur en donner : « On ne parle point ici des Bulles du Pape concernant le clergé d’Espagne, écrit-1il le Dimanche des Rameaux, et sûrement beaucoup moins qu’en France. Il y en a qui vont jusqu'à douter de leur existence. Ce qu 1l y a de sür, c’est qu'on craint dé se compromettre, et qu’on attend la décision de la cour de Madrid, non sans y penser, mais sans émettre d’opinion* ... » Le mardi suivant, le correspondant a pu recueillir quelques renseignements plus précis qu'il s’em-

presse de communiquer: « On croit généralement que peu

à peu on réformera les abus, mais on doit aller fort doucement. On croit aussi que le Roy ne fera usage des dernières Bulles qu'avec la plus grande circonspection, surtout s1 la guerre a lieu. Cependant les moines seroient fort peu regrettés ; mais le renvoi dans la société de plus de quarante mille individus sans état pourrait être dangereux ?. » — La révolution la rendu beaucoup plus prudent qu’autrefois.

Félicité demande aussi des renseignements sur la politique espagnole, en échange de ceux qu'il envoie sur le Code eïvil, et qui, du reste, on l’a vu, sont médiocrement accueillis. M. de La Mennais, si occupé qu'il soit, trouve pourtant le moyen de satisfaire à ces curiosités; le 11 juillet 1803 il lui mande de Poncorvo quelques détails sur la famille royale : elle « était dans la capitalle, elle se montrait tous les jours soit aux taureaux ou au Prado, et j'ai été surpris du morne silence qu'on garde en sa présence. Il est expression du mé-

1. Inédit. Arch. des Frères, n° 110, 11 juillet 1803. 9. Inédit. Jbid. è avril 1803.

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