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société distincte et séparée de toutes les autres, se compose, au contraire, de toutes les sectes chrétiennes. faisant profession de croire certaines vérités qu’il appelle fondamenlales !.. » Tout le reste, dans ce système, devenait matière, non plus de foi, mais simplement d'opinion.
Dès lors, Put se faisait fort de retrouver pour la Réforme tous les caractères de la véritable Église qu'on lui contestait : l’unité résultait de la croyance aux mêmes vérités fondamentales ; la visibilité, de ce que toutes les Églises ont toujours été visibles, sans qu'il soit nécessaire d’en distinguer aucune des autres; l’universalilé s’étendait à toutes les communions qui ont conservé les vérités principales; l’apostolicité résultait de ce que toutes les communions chrétiennes, parmi lesquelles l'Église catholique, qui se déclare apostolique, font partie du corps de l’'Eglise?.
Mais cette doctrine des points fondamentaux sur laquelle la Réforme a fait reposer tant d’espoirs, est destructive de toute religion et de toute raison, et conduit à l'indifférence absolue des Religions. C’est ce que l’abbé de La Mennais prouve dans le septième chapitre.
Les protestants ne peuvent fonder la doctrine des points
fondamentaux ni sur l’Ecriture, ni sur l’autorité des pre-
miers siècles, ni sur la raison.
Ils ne le peuvent pas sur l’Écriture, car lÉcriture étant pour eux l’unique règle de foi, ils doivent prouver qu’elle « établit clairement la distinction des points fondamentaux et non fondamentaux, et spécilie non moins clairement ce qui est fondamental et ce qui ne l’est pas. Or, c’est ce qu'ils n'ont jamais pu faire, quoiqu'on les en ait maintes fois pressés *.. Ils ne peuvent donc adopter ce système sans se contredire grossièrement ». Ils ne peuvent pas le fonder non plus sur l'autorité des premiers siècles, car « ce système ne saurait être vrai à moins que le Christianisme ne soit faux © ». D'abord parce que Jésus-Christ a enséigné manifestement une doctrine contraire ; ensuite parce que les disciples du Christ, fidèles à son enseignement, « ne souffrirent
1. Essai sur l'Indifférence, t. I., chap. vr, p. 159, 2. Ibid., pp. 160-161.