‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 453 sur 504 · PATES · texte numérisé non relu

PATES

ED) PISRE SANS Poe UP

Quant au culte, il faut bien reconnaître que les révolutions en ont suivi, « chez les protestants, celles des dogmes; car

-en toute Religion, le culte est l’expression du dogme ! ». C’est

à Bonald que l'abbé de La Mennais emprunte l’ argumentation suivante : il faut, dit-il, pour avoir un culte, non seulement admettre certaines vérités spéculatives, c’est-à-dire avoir une Opinion, mais avoir une foi : « Le déiste admet Dieu, et ne lui rend aucun culte, ou ne sait quel culte lui rendre... C’est que le déisme n’est pas une Religion, mais une opinion. La foi tendà se manifester au dehors par des actes, parce qu’elle réside principalement dans le cœur, où est le principe d’action. Les opinions au contraire n existent que dans lesprit : leur expression naturelle est la parole. Aussi les protestants, dont les maximes renversent le fondement de la foi, montrèrentils, dès l’origine, une profonde répugnance pour les cérémonies religieuses, ou le culte extérieur... Tous les rites d’un culte majestueux, sublime expression d’une foi sublime, durent paraître opposés à l'essence du Christianisme, quand le Christianisme fut devenu une simple opinion ?. » Et c’est ainsi que «le système des points fondamentaux, contraignant de tolérer toutes les doctrines, contraint de tolérer tous les cultes, et conduit n Hollenent à l’abolition de tout culte, en conduisant à la négation de tout dogme ».

Enfin le système des points fondamentaux compromet aussi la morale. Car « les devoirs dépendent des croyances: autant de symboles, autant de morales. Il faudra donc tolérer toutes les morales comme on tolère tous les symboles ». Morale parfaite du Christianisme reposant sur une règle de foi parfaite, morale du mahométisme qui mêle les préceptes du vice à des préceptes de vertu, parce qu'il mêle l'erreur à la vérité ; déisme, morale d'opinions et de phrases, parce que la croyance du déiste est incertaine et bornée ; athéisme enfin, qui n’enseigne qu’un seul devoir, celui de n’en connaître aucun; autant de morales qu’on jugera indifférentes : « En consacrant l’indifférence absolue des dogmes, le système de Jurieu con-

suet historien duprolestantisme, 1 vol. in-8, Paris, Hachette, 1891, liv. III, ch. v. Le fait que M. Rébelliau approuve ce que l'abbé de La Mennais condamne ne rend que plus décisive la concordance deleurs vues sur cepoint.

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