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sacre donc l'indifférence absolue des devoirs. On sera libre de tout faire, comme on est libre de tout croire et de tout nier!. » C’est que, si l’on rejette toute autorité vivante, la
règle desmœurs devient aussi variable et aussi incertaine que
la règle de foi : après avoir détruit le dogme et le culte, le système des points fondamentaux détruit la morale.
Ainsi, tous les systèmes d’indifférence, rentrant successivement l’un dans l’autre, aboutissent à l’indifférence absolue des religions. L'abbé de La Mennais, en réfutant dans les chapitres suivants la doctrine générale de lindifférence, achèvera donc de les renverser tous.
Quoique la majeure partie de cette argumentation contre la Réforme et Rousseau vienne en droite ligne de la tradition sulpicienne, et s'inspire surtout de Bossuet, cependant il y transparait encore de notables emprunts à Bonald et, par lui, s’y dessine aussi ce mouvement de conversion vers Rousseau que nous avons commencé de déceler dans les chapitres dirigés contre les indifférents politiques. C’est ainsi que l’idée d’une religion positive nécessaire, au nom de laquelle J.-J. Rousseau est d’abord combattu, étroitement liée à celle d’une révélation primitive, est directement empruntée à Bonald: n’est-ce pas lui qui admet deux révélations, l’une sur laquelle est fondée la religion primitive, cette religion patriarcale ou de la famille qui tient, dans son système, la place de la religion naturelle de Rousseau, l’autre qui achève, accomplit, perfectionne la religion primitive? et l’une et l'autre, la religion primitive et la religion accomplie, également nécessaires à l’homme social, à l’homme enveloppé dans les formes sociales plus ou moins développées auxquelles respectivement elles correspondent ? l’une et l’autre, par conséquent, également positives, également révélées, mais en un sens aussi, également naturelles à l’homme ?