‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 455 sur 504 · Essai sur l’Indifférence, t. 1, chap. vu, p · texte numérisé non relu

Essai sur l’Indifférence, t. 1, chap. vu, p

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: LA GRITIQUE 667

Système séduisant, mais qui n’était séparé de celui de Rousseau que par la substitution de la révélation à la raison comme fondement de la religion qui est dans la nature de l’homme. Il pouvait donc frayer pour une sensibilité malade une voie de retour au système de Jean-Jacques, et c’est de là sans doute qu'il tenait une partie de son inconscient attrait pour labbé de La Mennais ; ne lui emprunte-t-1l pas encore plus loin, nous l’avons vu, une partie de l'argumentation qu “il dirige contre le système des points fondamentaux quand il montre que ce système ne peut conserver le culte parce qu’il réduit les dogmes à des opinions qui n'existent que dans l’esprit, tandis que la 10 les plaçant dans le cœur, en fait le principe des actes ?

Ainsi, nous vérifions encore qu’à chaque instant le point de vue de Bonald, et par lui, une certaine reprise de Rousseau, tend à percer à travers la discipline sulpicienne à laquelle l'abbé de La Mennais se soumet. Saint-Sulpice, en effet, n’admet pas le système de Bonald. On y distingue encore la Religion naturelle et la Religion surnaturelle. M. Boyer, directeur à Saint-Sulpice, au commencement de son cours de 1809-1810 sur la Religion, écrit : « La Religionest la réunion

- des devoirs de l’homme envers Dieu. Et comme ces devoirs

nous sont manifestés par la raison et par la révélation, on a divisé depuis longtemps la Religion en Religion naturelle et Religion surnaturellet. » Et, après avoir expliqué que les disciples de Jansénius rejettent cette distinction, il ajoute : « Plus récemment encore, M. de Bonald, un des plus vigoureux défenseurs de la foi catholique, s’est élevé avec force contre cette division. Il prétend que l’homme par les seules forces de la raison n’a pu se donner le langage, et qu'avec le langage lui a été révélée la Religion, la morale et la raison même, puisque pour se rendre compte de ses sentiments et de ses affections, l’homme a eu besoin d’une parole intérieure. Cela posé, il n’y a pas de loï naturelle ; bien plus, toute loi naturelle est impossible, la pensée étant inséparable de la parole, et la parole ne pouvant exister que par la révélation ; ou plutôt, selon lui, toute loi divine est naturelle ; rien n’est plus naturel, dit-il, que ce qui perfectionne l’homme, et rien n’ajoute autant à la perfection de l’homme que le surnaturel ou la révélation.

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