Inédit. Archives de Saint-Sulpice
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« Ce système, qui ne peut venir que d’un homme très versé dans la science de l’homme, se montre paré des plus riches couleurs et revêtu de la plus grande vraisemblance ; cependant ce n’est après tout qu'un système, et puisqu'il faut contredire malgré cela M. de Bonald, il n'appartient pas à un simple particulier de réformer la langue des Pères et même de Saint-Paul qui parle de la loi naturelle par opposition à la loi révélée. D’ailleurs ce célèbre auteur fait dépendre toute la Religion de son opinion, et l’on sait qu'il est dangereux de supposer que la Religion repose sur un système, à quelque degré de probabilité qu’on puisse l’élever ; et dans cette oplnion même, qui empêche d'admettre une distinction entre la révélation faite à notre premier Père et dont la raison peut maintenant nous faire connaître les enseignements, et la révélation faite par Jésus-Christ dont les dogmes sont si hauts que la raison n’y saurait atteindre ? Enfin,en faisant évanouir la distinction de Religion naturelle et de Religion révélée, on se prive de ses armes pour combattre cette espèce de déistes, qui n’admettant aucune révélation, admettent cependant une religion naturellef. »
Quoi qu'il en soit de ces arguments, ils établissent que Saint-Sulpice n’acceptait pas le système de Bonald. Et, s’il ne l’acceptait point, on conçoit assez la situation de l'abbé de La Mennais écrivant son premier volume, lui qui, déjà, non seulement est toujours pénétré de Bonald, mais le dépasse, ou, si l’on préfère, l’outrepasse dans une direction qui, d’une manière à peine sensible, et cependant bien remarquable, oriente sa pensée vérs Rousseau. À travers l’apologétique traditionnelle, sous la règle sulpicienne à laquelle il se plie aveceffort et dégoût, une apologétique audacieuse et nouvelle transparait déjà ; l'esprit d'indépendance pousse déjà de bien audacieux, de bien inquiétants rejetons dans cette intelligence dont Rousseau n'a pas cessé d'occuper les régions profondes. Achevons, dans la seconde partie de ce premier volume, de distinguer les deux influences qui se partagent aujourd’hui sa pensée parce qu’elles se disputent son cœur.
1, Inédit. Archives de Saint-Sulpice.
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