‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 459 sur 504 · FA · texte numérisé non relu

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dans l'intelligence ou dans le corps, devient infailliblement l’esclave de l’orgueil ou de la volupté; car l’orgueil n’est que le sentiment d’une âme qui se complait en sell -même et s'aime comme sa propre lin. Le plus extrême égoisme est donc l'effet inévitable de toute philosophie irréligieuset ». Mais « le prix des biens ne dépend pas seulement de leur nature, mais de leur durée ? ». Tout passe, ne laissant que dégoût, anxiété, « et cet inexorable ennui qui fait le fond de la vie humaine 5 ». L’abbé de La Mennais décrit avec de sombres, mais exactes couleurs, cet état misérable dont il a tant souffert, et qui trop souvent conduit au suicide. N’a-t-il pas écrit lui-même, dans une deses crises de découragement, de désespoir et de dégoût : « Et la mort aussi me consoleraiti! » La Religion vaut mieux. « [1 faut absolument que l’homme cherche son bonheur ou en Dieu, ou en lui-même et dans les objets qui l’environnent 5. Si, docile aux enseignements de la Religion, il voit en Dieu son véritable bien, la vertu, qui n’est que l'amour de l’ordre, ou la préférence des autres à soi à cause de Dieu, s’identifiepourluiavecl’amourdubien-être 5. » Car «toute vérité émane de Dieu, qui est la vérité infinie, et « où Dieu n’estpas, dit T ertullien, il n'existe aucune vérité... . Point de ‘bonheur que dans la possession de la vérité infinie ou du bien infini, car le bien et la vériténe sont qu’une même chose 8... » Done, sinos désirs ne sont pas trompeurs, sinous n’avons pas reçu des facultés sans objet, si notre existence a une fin, «nous ne saurions évidemment parvenir à cette fin que par la Religion, qui seule ose assurer qu’elle nous fera connaître certainement notre nature, notre origine, nos destinées, et seule nous permet la possession de la souveraine vérité et du souverain bien? ».

1. Essai sur l’Indifférence, t. I. chap. 1x, p. 242; après les mots, « comme sa propre fin », la 1'° édition, p. 291, donne le texte suivant : « Or, nul être ne saurait s'aimer ainsi, sans s'aimer par-dessus tout et sans se préférer à tout ; autrement il préférerait quelque chose à son bien-être. L'amour effréné de soi ou le plus extrème égoïsme... »

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