‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 460 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

La foi, tel est l’unique moyen d'atteindre la certitude absolue dont l'esprit a besoin pour régler la conduite, et le bonheur souverain dont le cœur est avide. La Religion nous ouvre l'éternité « et nous montre dans ses profondeurs comme une suite infinie de degrés par lesquels notre intelligence, Sélevant sans cesse, sans cesse doit s’approcher, à l’aide d’une durée sans bornes, de la source... de l’éternelle vérité ! ». Elle fait plus : elle donne cette vérité infinie à notre âme qui dès ici-bas la possède « par la foi, par l'amour où par l'espérance ; car l'espérance... n’est qu'un amour qui croit? ». Elle est done la condition nécessaire et la condition suffisante du bonheur, du même bonheur, qu’elle offre à tous. Elle donne à l'âme ce repos auquel elle aspire, et qu’elle trouve en s’abandonnant « sans réserve entre les mains du Grand Etre essentellement bon et tout puissants ». Et l'abbé de La Mennais achève le tableau de ces jouissances de la foi, auxquelles il n’a pas cessé, à travers ses chutes et ses découragements, d’aspirer avec une si vive ardeur, par la page célèbre dans laquelle il évoque la mort du chrétien *.

Impuissance de la philosophie à procurer à l’homme la certitude et le bonheur, pouvoir admirable de la Religion de

satisfaire pleinement sa nature en répondant à ce double.

objet, voilà ce que ce chapitre de l'Essai sur l'Indifférence met éloquemment en lumière. Sa puissance de persuasion vient, ilne faut pas l'oublier, de ce que l'abbé de La Mennais a connu, éprouvé, senti ce double état ; il a passé par les épreuves qu'il décrit, goûté à la philosophie humaine, et vu qu’elle ne faisait qu’exalter en lui l'égoïsme et l’orgueil ; puis, il s’est dépris, avec quels déchirements et quelles angoisses, de ces faux biens de la vie, pour s'élever, par la foi reconquise, jusqu'au véritable bien; mais cette victoire, il le sent, n’est pas définitive encore ; jamais eu lui le moi humain ne sera tout à fait vaincu : et comme les assauts que l’orgueil livre encore et livrera toujours à cette foi qui devrait être ferme et immuable, qu'il affirme telle, et qu'il voit cependant si fragile, l’inquiètent et le désespèrent, il plaide avec passion cette cause sainte au triomphe assuré de laquelle tout son

1. Essai sur l'Indifférence, t. 1, chap. 1x, p. 249. 2. Ibid.

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