‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 462 sur 504 · Essai sur l’Indifférence, t. 1, chap. x et x · texte numérisé non relu

Essai sur l’Indifférence, t. 1, chap. x et x

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conduit au bonheur en les établissant dans un état conforme à la nature de la société !. »

Cette idée de la nature sociale qui, nous l’avons vu, commande toute la philosophie de Bonald, l'abbé de La Mennais la développe d’abord en l’opposant aux doctrines philosophiques qui réduisent la société à l’état d'invention contingente : « Une des plus dangereuses folies de notre siècle, écrit-1l, est de s’imaginer que l’on constitue un Etat, ou qu’on forme une société du jour au lendemain, comme on élève une manufacture. On ne fait point les sociétés, la nature et le temps les font de concert; et voilà pourquoi il est si difficile qu’elles renaissènt lorsque l’homme les a détruites, la même action qui a détruit s’opposant à l’action réparatrice du temps et de la nature. On veut tout créer instantanément... fondre la société d’un seul jet. L’on substitue en tout les combinaisons arbitraires de l'esprit aux rapports nécessaires, aux lois simples et fécondes qui s’établissent d’elles-mêmes lorsqu’on n’y met pas obstacle, comme les conditions indispensables de l'existence. Rien n’arrête, rien n’embarrasse : on constitue, et l’on constitue encore ; on écrit sur un morceau de papier

qu’on est une monarchie, une république, en attendant qu’en réalité on soit quelque chose, qu'on soit un peuple, une nation? Mais il y a une loi immuable contre laquelle rien ne | prévaut. Toute société qui, étant sortie des lois de la nature, s’obstine à n’y point rentrer, ne se renouvelle que par la dissolution, et ne recouvre sa vigueur qu’en perdant tout, et souvent jusqu'au nom même de nation. Il faut, ainsi que l’homme, qu’elle traverse le tombeau pour arriver à la vie une seconde fois. »

Les passions opèrent ces grands bouleversements en se servant de la raison comme d’un instrument pour sonder les coutumes établies jusque dans leurs sources. Comment réparer le mal qu’elles ont fait, sinon en cherchant à découvrir pourquoi certaines sociétés sont moins heureuses que d’autres ?

« Toute société tend à la perfection, parce que toute société tend au bonheur », c’est-à-dire à « la tranquillité de l’ordre », ou au « parfait repos » qui en résulte 4. Mais « l’unité est

1. Essai sur l'Indifférence, t. 1, chap. x, pp. 259-260. Cf. AuG. COMTE.

3, Ibid., pp. 260-261.

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