‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 467 sur 504 · Jbid · texte numérisé non relu

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volonté de l’homme ; et quiconque obéit à l’homme seul est esclave. cet homme fât-il lui-même. X en est ainsi des nations, et la théorie de la souveraineté du peuple n’est que la théorie __ de sa servitude! ». « Tel est le résultat de l’absurde Contrat social rêvé par la philosophie, et qui n’est en réalité qu'une __ sacrilège déclaration de guerre contre la société et contre D Dieu»

l Nous ne saurions l'oublier : ce n’est pas seulement le caractère personnel de Félicité de La Mennais, cet ardent, cet impatient besoin d'indépendance, véritable fond de son tempérament, qui s'exprime dans cette critique de la philosophie et plus spécialement de Rousseau : c’est aussi l'expérience de toute une famille bretonne d’abord séduite par les idées nou- - velles, et qui s’était, à la fin de l’ancien régime, nourrie de . Jean-Jacques Rousseau. La crise révolutionnaire, puis le despotisme impérial avec toutes leurs conséquences ont ramené ces esprits, les ont reconduits tous ensemble, j'y insiste, car l’abbé de La Mennais ne fut nullement un isolé dans son milieu, à de plus justes vues sur les conditions de la vraie liberté. Les espoirs qu'ils fondaient jadis sur les idées de Jean-Jacques Rousseau, ils les ont reportés sur - la doctrine catholique : mais — du moins sur le plus élo- £. quent d’entre eux, sur celui qui répandra la bonne nouvelle parle monde — la marque de l’auteur du Contrat social reste si forte, qu’à l’heure même où il le combat avec le plus d’acharnement, c’est de lui qu’il accepte encore les termes dans lesquels le problème social est posé; c’est de lui qu'il emprunte l’impatience du pouvoir humain, et la conviction qu'il faut échapper à tout prix au despotisme anarchique ou tyrannique de la force.

Passons sur la suite de cette démonstration, dans laquelle notre auteur établit par des arguments très analogues à à ceux : que nous venons d'examiner, que la philosophie détruit le À droit des gens, la législation et la morale: « En constituant la société par la raison seule, sans l’intervention de Dieu, écrit-1l, résumant toute cette argumentation, on est conduit à ne reconnaître d'autre autorité, d'autre droit, d’autre loi que la force dirigée par l'intérêt partieulierou par les

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