‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 469 sur 504 · Essai sur l’Indifférence, t. 1, chap. x, p · texte numérisé non relu

Essai sur l’Indifférence, t. 1, chap. x, p

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ce fut le principe de l’ordre et de l’existence politique, ce fut

la société entière qui périt 1... »

Cette brillante traduction de Bonald ne doit pas nous faire

oublier que, pour l'abbé de La Mennais, la confiance au pou-

voir royal et la foi catholique sont également subordonnées au rôle qu’il leur attribue de protecteurs de la vraie liberté contre le despotisme et contre l'anarchie : Rousseau se cache derrière Bonald, en attendant qu’il en reprenne la place.

Après avoir montré « que toute philosophie irrégulière tend à détruire l’ordre social, le bonheur des peuples et les peuples mêmes? », l'abbé de La Mennais, passant à la partie positive de son argumentation, va montrer « que la Religion seule les conserve et les conduit au bonheur. en les établissant dans un état conforme à la nature de la société ? ».

Ie, plus encore que dans le chapitre précédent, la préoccu-

pation de la liberté apparait surtout dominante. Sans doute

l’abbé de La Mennais se propose d’y établir qu’il faut concevoir la Religion « comme l’unique et nécessaire fondement de

tout ordre social # ». Mais aussitôt après avoir montré com-

ment la création développe les vérités que renferme l’être divin, il cite et commente cette pensée de Bonald, empruntée au Discours préliminaire du Divorce considéré au XIX* siècle : « La Religion met l’ordre dans la société parce que seule elle donne la raison du pouvoir et des devoirs ». La signification du commentaire est bien remarquable : « Le pouvoir dans la société », déclare l’abbé de La Mennais, est « le droit de commander, lequel emporte le devoir d’obéir. Mais qui commande est au-dessus de qui obéit, tellement au-dessus qu’on n’imagine point de supériorité plus grande ? ». Cette supériorité est telle qu’on ne saurait la rencontrer dans la nature : « Tout être créé est dans une indépendance naturelle de tout autre être créé ; et si le plus élevé des esprits célestes venait, sans autre titre que sa volonté, dicter des lois à homme

1. Essai sur l'Indifférence, t. I, chap. x, pp. 312-313. 2. Ibid., p. 316.

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