‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 472 sur 504 · LAS NS · texte numérisé non relu

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seul nous connaissons Dieu. Car « nous ne trouvons en nous-

mêmes aucune vérité ; elles nous viennent toutes du dehors : la raison n’est que la capacité de les recevoir, de les reconnaître et de les combiner ! ». Il faut même, à cause de notre double nature, qu’elles prennent un corps, la parole, pour nous devenir perceptibles. Aussi ne connaissons-nous Dieu que par sa parole ou son verbe. Celui-ci est venu rendre témoignage à la vérité, c’est-à-dire «lui déclarer qu’elle est, et ce qu'elle est? ». Ainsi « la sagesse éternelle restant ce qu’elle est, s’est mise en rapport avec l’homme restant aussi ce qu’il est... De la sorte, la certitude du témoignage remplaçant la certitude d’évidence, l’homme a pu, sans changer de nature, posséder pleinement la vérité infinie 3 ». Après avoir ainsi promulgué la vérité, le Médiateur a pourvu à sa conserva: tion: « Il conserve la vérité dans la pensée de l’homme, comme la pensée même se conserve par la parole transmise; et, pour assurer sa transmission, il unit par des liens extérieurs et indissolubles ceux qu'il a unis intérieurement par la même foi ; il les constitue en société sous un gouvernement dont il est le chef; en un mot, il fonde son Eglise #. » Le crime des hérétiques qui rejettent l’autorité de l’Église, ou des déistes qui rejettent celle de Jésus-Christ, ou des

. athées qui rejettent l’autorité de Dieu; n’est pas de ne pas

comprendre ; ni l'ignorance ni l’erreur ne sont des crimes; mais 1l est de rejeter des témoignages d’une autorité infinie, . par complaisance orgueilleuse pour leur raison. L’abbé de La Mennaïs appelle successivement à son tribunal chacun de ces eriminels et les somme de répondre:

« Calvin, sur quel fondement nies-tu la présence réelle, que l'Eglise entière croit et atteste ? — Sur le fondement de ma raison, qui ne saurait comprendre ce mystère.

« Ainsi donc le témoignage des apôtres et de leurs suecesseurs, avec qui Jésus-Christ a promis d’être tous les jours jusqu’à la consommation des temps, devra céder à ta raison individuelle, et il faudra que l'Eglise, cette Eglise que saint Paul appelle le fondement de la vérité, ait menti, parce que tu ne comprends pas !

1. Essai sur l'Indifférence, t. I, chap. xu1, p. 383. 2. Ibid., p. 384.

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