Ibid., p
couvre l'explication pénétrante et sentie des contradictions qui le déchirent et des mortelles angoisses qui l’étreignent. Il se voit, peint pour lui-même, avec son espoir impatient, inlassé du bonheur, le mirage dont vivent désormais et son cœur et tout son esprit, le principe secret de ses maux, et le remède, l'unique et victorieux remède dont il appelle, en criant vers Dieu, le bienfait. Connaître Dieu en chrétien ! En avoir cette ‘connaissance d’amour dont la source est le vif sentiment de notre misère et de notre indignité ! ! Mouvement victorieux du cœur qui, par l'entremise du Sauveur, nous unissez pour jamais à son Père, c’est vous qu'entre le désespoir et l’orgueil, à travers des sécheresses cruelles, poursuit, appelle ce cœur si tendre et si facile aux créatures. Et pourtant, Dieu sensible au cœur sera-t-il jamais son partage ?
Il ne suffit pas, sans doute, d’avoir compris, ni même d’être soumis pour goûter la suprême félicité de l’esprit confondu en Dieu, ni l’allégresse de l’âme religieuse qui, communiant avec son Créateur, n’agit et ne vit plus qu'en lui : amertume et paix crucifiante sont encore, sont toujours le lot de Féli. La joie immense, le bonheur sans mélange dont il entrevoit les douceurs, ne fait qu’aviver la souffrance de la privation! Hélas, même avec Pascal il n'entre qu'en songe, en de fugitifs instants, au céleste jardin des âmes.
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Dans les hautes régions de l'intelligence où le combat s’est livré, Rousseau désormais semble vaincu ; mais il n’est pas chassé du cœur. Sans doute, vivant tout près de Jean, soutenu, consolé par lui, Félicité subit, dans ces obscures régions de la sensibilité où s’élaborent les conversions, l'influence de ee jeune et charmant apôtre. La douce habitude de ne se point quitter, la force persuasive qui émane de la ferme conviction de Jean-Marie, le besoin d'aimer qui tourmente Félicité, ce passionné besoin d’un appui, d’un conseiller et d’un guide à