Cf. Desivour, l'Eglise et l'Etat, pp
3. Desiour, l'Église et l'Etat, pp. 192-193. Comte D'HAUSSONVILLE, l'Eglise Romaine ef le Premier Empire, II, le Concordat.
4. Arch. des Frères. Lettre de Louis-Marie de La Mennais à Jean-Marie son frère, 17 thermidor an X : « J’ai vu avant hier Bonaparte à la parade. Le premier consul était sur un cheval blanc de toute beauté et richement enharnaché. Il n'avait qu'un simple habit vert d'uniforme de cavalerie, avec deux épaulettes à gros grains et un chapeau à trois cornes tout uni et sans galons. Il est très petit et jaune, mais jete charge de dire à papa Mennais que le buste qu’il a sur sa cheminée est ressemblant ; c’està-dire qu'il se rapproche beaucoup pour les traits, quoique l’ensemble ne soit pas tout à fait le même. »
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LA CONVERSION DE FÉLICITÉ DE LA MENNAIS fé
dans l’enseignement, sous la haute protection de Mme Letizia Bonaparte !. L'Institut des Ecoles chrétiennes reparaît en France; à côté des lycées qui, le 1° mai 1802, ont remplacé les écoles centrales, le premier consul encourage la fondation d'écoles secondaires libres dont la plupart sont organisées et dirigées par des ecclésiastiques ? : on le sait bien à Saint-Malo, où Jean-Marie, en compagnie de MM. Engerran et Vielle,soutient de tous ses efforts le collège qu’ils viennent de fonder3. Dans le courant de 1803, on a successivement appris que Bonaparte assurait des traitements aux chanoines des églises cathédrales et aux desservants des succursales ; qu’il aecordait aux évêques des immeubles nationaux pour établir des séminaires; que Cinq cardinaux français, dont le cardinal Fesch, oncle de Bonaparte, étaient institués par le pape : gage de la réconciliation du Saint-Siège et du gouvernement français. Le sacre, le 2 décembre 1804, sera bientôt l’apothéose théâtrale et grandiose de cette politique religieuse #. Le flot montant du siècle soulève de nouveau l'Eglise, le courant roule à Jéhovah.
Sous cette invincible impulsion, à partir de 1800, la renaissance religieuse, philosophique et littéraire, qui s’était dessinée quatre ans plus tôt, s’est affirmée sur toute la ligne. La communauté de Saint-Sulpice s’est reformée à Paris, et Frayssinous a commencé ses conférences. Le Journal des Débats, que Félicité lit avec attention, a restauré solennellement la critique littéraire : Dussault, Fiévée, Feletz, Delalot, Frayssinous, Saint- Victor, l’abbé de Boulogne écrivent dans ce journal et lui donnent sa nuance de vive et intelligente sympathie pour le mouvement religieux du temps. Dans la même ligne, au Mercure de France régénéré — l'oncle des Saudrais, qui le communique à ses neveux, est un de ses plus fidèles abonnés — collaborent La Harpe, labbé de Vauxcelles, Gueneau de Mussy, Bonald, Chateaubriand, plusieurs écrivains des Débats; Fontanes y a publié — dans le premier numéro — son spirituel et cinglant article contre Mme de Staël. Chaque numéro du Mercure est
1. Deninour, l'Église et l'Etat, pp. 228 et sq, Comte D'HAUSSONVILLE, l'Eglise et le Premier Empire, III, la publication du Concordat, et IV, la cour de Rome et le premier consul avant le sacre.