‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 6 sur 504 · SAINTE-BEUVE, Porir. conlemp., t’1 p · texte numérisé non relu

SAINTE-BEUVE, Porir. conlemp., t’1 p

3. Il avait prêté serment à la Cane Tu tion civile du clergé. Cf. ROUSSEL, Lamennais à la Chenaie, Revue du Monde catholique, juillet 1899. C'est une raison de plus à l'appui de notre hypothèse, que Félicité de La Mennais aurait fait en 1792 sa première communion par le ministère du clergé constitutionnel. Cf. C. MarECHAL, la Famille de La Mennais, p.280.

4. Price Lamennais,etc., p. 26; RousseL, Lamennais, Rev. des Quest. ne 1er avril 1908.

. PEIGNÉ, Lamennais, etc., p. 26 ; SAINTE-BEUVE, Portr. conlemp., p. 209; Doi la Vie ef les œuvres de Jean- Marie Roberi de La Mennais, in-8, Paris, Lecoffre, Sd aiprle

6. Biographie de M. de Lamennais, par un solitaire, pp. 152-153.

aux suggestions de Mme des Saudrais et de ceux qui l’entou-

pen » . ] rent, et son cœur, déjà méconnu, pense-t-il, va chercher au

pied des autels l'amour de la Vierge mère qui lui pardonne et qui l'entend. Ainsi s'affirme chez lui cette soumission, cette souplesse trop oubliée de ses historiens, et sans laquelle sa destinée resterait pour nous un mystère.

IT

Le 9 décembre 1792, Robert des Saudrais, officier municipal, ayant donné sa démission, renonce à la politique, et quitte, pour n'y plus rentrer, le Conseil municipal de Saint-Malo!. Son neveu, Félicité Robert de La Mennais, ayant alors exactement dix ans et sept mois, il va se consacrer à son éducation.

L'oncle des Saudrais, à cette époque, doit être en assez mauvais termes avec les Philosophes, mais il garde un faible pour Jean-Jacques Rousseau, comme en témoigne son ouvrage, le Bon Curé, dont le titre et les idées viennent de l’'Emile?. Lisez plutôt ce passage du quatrième livre: « Mon bon ami, je ne trouve rien de si beau que d’être curé. Un bon curé est un ministre de bonté, comme un bon magistrat est un ministre de justice. Un curé n’a jamais de mal à faire; s’il ne peut pas toujours faire le bien par lui-même, il est toujours à sa place quand il le sollicite, et souvent il l’obtient quand il sait se faire respecter. Oh! si jamais dans nos montagnes j’avois quelque pauvre cure de bonnes gens à desservir! je serois heureux, car il me semble que je ferois le bonheur de mes paroissiens. Je ne les rendrois pas riches, mais je partagerois leur pauvreté; j'en ôterois la flétrissure et le mépris plus insupportable que lindi-

Page 1