Cf. C. MaREcuAL, la Famille de La Mennais, p
2, BLA1zE, Œuvres inédites, t, L. Introd., p. 42. Cf. aussi Essai biographique sur M.F. de La Mennais, par A. BLaïze. Paris, Garnier, 1858, in-8, p- 21; RousseL, Lamennais, d'après ses correspondants inconnus, Rev. des Quest. hist., janvier 1909, pp. 190-191. — Un mennaisien très averti, l'abbé Duine, vient de retrouver le manuscrit du Bon Curé, qui, du reste, a des parties communes avec les Philosophes dont il sera question plus loin. Cf. Dune, Lettres inédites de La Mennais el documents nouveaux. Annales
de Bretagne, janvier 1913, p. 201.
gence. Je leur ferois aimer la concorde et légalité, qui chassent souvent la misère, et la font toujours supporter. Quand ils verroient que je ne serois en rien mieux qu'eux, et que pourtant je vivrois content, ils apprendroient à se consoler de leur sort, et à vivre contens comme moi. Dans mes instructions je m’attacherois moins à l'esprit de l’Église qu'à l'esprit de l'Évangile, où le dogme est simple et 1 morale sublime, où l’on voit peu de pratiques religieuses et beaucoup d'œuvres de charité. Avant de leur enseigner ce qu'il faut faire, je m’efforcerois toujours de le pratiquer, afin qu’ils vissent bien que tout ce que je leur dis, je le pense... »
L’attitude de Robert des Saudrais à l'égard du clergé constitutionnel semble s’être inspirée de cet esprit indifférent aux dogmes. Voici des pensées du Bon Curé tout à fait d’ ne à avec le thème fourni par Jean-Jacques Rousseau :
« Si j'avais deux cœurs, écrit M. des Saudrais, je sens F l’un aimeroit, que l'autre peut-être seroit indifférent; mais un troisième, je sens qu'il ne pourroit haïr. »
— « Ge n’est point aimer Dieu que de ne point aimer les hommes. Ce n’est point aimer les hommes que de ne point aimer Dieu. Dans ces deux amours sont renfermés tous les devoirs et tout le bonheur de l’homme?. »
Ce soin d’enfermer dans l'amour tous les devoirs de l’hommé (et que faites-vous des devoirs de l'esprit, qui sont les dogmes, M. des Saudrais ?), cette incapacité de hair, appartiennent bien à la sensibilité de Jean-J acques. Comment aussi méconnaitre sa marque dans cet appel à la conscience :
«& Rien n ‘échappe à la tyrannie que la pensée; rien n'échappe à la conscience, pas même la tyrannieë. »
Mais voici, pour résoudre tous les doutes, s’il pouvait en demeurer encore, un emprunt textuel à Rousseau :
« Ce n’est pas tant parce qu'il ordonne aux hommes de mourir que le despotisme est essentiellement destructeur que parce qu'il leur défend de naître#. »
Comparez à l’Émile :
€ Si l’athéisme ne fait pas verser le sang des hommes,
est moins par amour pour la paix que par indifférence pour
: J.-J. Rousseau, Emile, liv. IV.