Syst. de la nat., liv. Il, chap. vu
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empêche de chercher à des maux naturels des remèdes natu-
rels ; et l’on subordonne à tort les rapports des hommes entre
eux aux rapports des hommes à Dieu. fe
Un athée — les théologiens prodiguent ce nom à tous les penseurs originaux — Lo done « un homme qui détruit des chimères ns ibles au genre humain pour ramener les hommes à la nature, à l'expérience: : à la raison. C’est un penseur qui ayant médité la matière, son énergie, ses propriétés et ses
façons d'agir, n’a pas besoin, pour expliquer les phénomènes de lunivers et les opérations de la nature, d'imaginer des
puissances idéales, des intelligences imaginaires, des êtres de raison, qui, lom de faire mieux connaître cette nature, ne font que la rendre capricieuse, inexplicable, méconnaissable, inutile au bonheur humain 1. »
Cet athéisme n’est pas seulement compatible avec la morale : les athées ont leur morale et jamais ils n’ont bouleversé les sociétés : « Le paisible Epicure n’a point troublé la Grèce ; le Poème de Lucrèce n’a pas causé de guerre civile à Rome, Bodin n’a point été l’auteur de la Ligue. Les écrits de Spinosa n’ont point excité en Hollande les mêmes troubles, que les disputes de Gomar ‘et d’Arminius, Hobbes n’a point
fait répandre de sang en Angleterre où, de son temps, le
fanatisme religieux fit périr un roi sur l’échafaud?. » Dirat-on que la religion, inutile aux philosophes, est nécessaire pour contenir le peuple, comme le prétendent tous les jours des personnes détrompées elles-mêmes de la religion ? Raïsonner ainsi, n'est-ce pas dire « que le poison a utile au peuple, qu ïl est bon de l’empoisonner pour l'empêcher d’abuser de ses forces 3 ? »
Une société d’athées pourrait donc subsister. En fait, on men à pas d'exemple; mais en droit, c’est une vérité. D’Holbach fait sienne la théorie de Bayle : « Des athées rassemblés en société, quelque insensés qu’on les suppose, se conduiraient-ils entre eux d’une façon plus criminelle que ces superstitieux remplis de vices réels et de chimères extravagantes ?.. On ne peut le prétendre; au contraire on avance très hardiment qu'une société d’athées, privée de toute religion, gouvernée par de bonnes lois, formée par une