‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 77 sur 504 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

bonne éducation, invitée à la vertu par des récompenses, détournée du crime par des châtiments équitables, dégagée d'illusions, de mensonges et de chimères, serait infiniment plus honnête et plus vertueuse que ces sociétés religieuses

où tout conspire à enivrer l’esprit et à corrompre le cœur!. »

Les sanctions naturelles rendraient une société humaine plus morale même que la crainte ou, l’espoir des sanctions religieuses : la société idéale est une société d’athées. Seulement, l'athéisme, comme toutes les doctrines philosophiques, n’est point fait pour le vulgaire ni même pour le plus grand nombre des hommes, et il faut attendre le moment désirable, mais lointain, où il pourra se trouver des souverains philosophes, où surtout les physiciens se contenteront d'observer attentivement la nature. D’Holbach termine son ouvrage par une fervente prière à la nature divinisée.

Tel était l'ouvrage à l’abrégé duquel Félicité de La Mennais prétendait emprunter de force quelques témoignages en faveur de la religion chrétienne. La gageure était hardie : et voici comment il la tint.

Le { 20 du Bon Sens puisé dans la nature est ainsi conçu :

« A force de métaphysiquer, l’on est parvenu à faire de Dieu un pur Esprit; mais la Théologie moderne a-t-elle fait en cela un pas de plus que la Théologie des Sauvages ? Les sauvages reconnaissent un grand Esprit pour le maitre du monde. Les sauvages, ainsi que tous les ignorants, attribuent à des esprits tous les effets dont leur inexpérience les empêche de déméler les vraies causes. Demandez à un sauvage

qui fait marcher votre montre ? il vous répondra, c'est un.

Esprit. Demandez à nos docteurs ce qui fait marcher lPunivers ? ils vous diront, c’est un Esprit. »

Les théologiens ont donc gardé la mentalité des sauvages, et cependant leur explication vaut celle des Polynésiens. Félicité retient cet aveu :

« Les sauvages reconnaissent un grand esprit pour le maître du monde?. »

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