Témoignages, p
ROUE Cod SAR
la peine d'examiner les choses auxquelles on n’attache que
fort peu d'intérêt. Cependant la religion étant présentée aux hommes comme la chose qui doit avoir pour eux les plus grandes conséquences et dans ce monde et dans l’autre, le
scepticisme, et le doute à son sujet, ne peuvent être pour esprit qu'un état désagréable, et ne lui offrent rien moins qu'un oreiller commode!. » Cet athée parle comme Pascal ; empressons-nous de noter ses aveux. Et sans doute il croit que le sceptique ou l’indifférent doivent se jeter dans l’athéisme. Mais, avec Pascal encore, Félicité se juge assuré de vaincre dans le débat ainsi circonscrit ; il note donc, pour finir, ces dernières lignes, dans ce long fragment : « Ceux qui se donnent pour sceptiques sur les points fondamentaux de la religion, ne sont pour l’ordinaire que des indolens, ou des hommes peu capables d’examiner?. » Pour qui pense, comme lui, que la religion ne craint qu’une chose, le parti pris de ceux qui refusent d'examiner ses preuves, quelle aubaine que ces réflexions d’un Allemand consciencieux et sans ruse !
Le voilà qui, du même train, et croyant porter de grands coups à la religion révélée, suggère le meilleur des arguments en faveur de la foi?. « Les disciples de Pythagore, écrit-il, ajoutaient une foi implicite à la doctrine de leur maitre: 2 l’a dit, étoit pour eux la solution de tous les problèmes. Les hommes, pour la plupart se conduisent avec aussi peu de raison. En matière de Religion, un curé, un prêtre, un moine ignorant deviennent les maitres des pensées. » Sans doute, il conviendrait que notre athée se demandât si la
doctrine qu’enseigne ce curé, ce prêtre, ce moine ignorant
n’est pas pour quelque chose dans leur facile triomphe; mais tenons-nous-en à ses constatations : « La foi, continuet-il, à la grande joie de Féli, qui note cette ligne au passage, la foi soulage la faiblesse de lesprit humain, pour qui l'application est communément un travail très pénible# » ; mais si l'esprit humain est communément faible et incapable
. d'examiner, n'est-il pas naturel et nécessaire que le commun
des hommes se trouve conduit par la foi ? Que signifient dès lors ces mots : « Il est bien plus commode de s’en rapporter