‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 83 sur 504 · Témoignages, p · texte numérisé non relu

Témoignages, p

MARECHAL. = La Jeunesse de La Mennais, 8

à d'autres, que d’examiner soi-même ?» Le commun des hommes est-il, oui ou non, incapable de cet examen ? s’il l’est, il ne s’agit done plus de commodité, mais d’une impérieuse nécessité pour lui de se laisser conduire à la foi; Féli néglige ce membre de phrase qui ne signifie rien, à ses yeux, hors une contradiction avec le contexte ; mais il note : « L’examen, étant lent et difficile, déplait également aux ignorants stupides et aux esprits trop ardents 1. » — Voilà qui confirme ses constatations relatives à la nécessité de la foi. Qu’après cela d'Holbach déclame : « Moins les hommes ont de lumières et de raison, plus ils montrent de zèle pour leur religion » ; « dans toutes les factions religieuses, les femmes, ameutées par leurs directeurs, montrent un très grand zèle pour des opinions dont il est évident qu’elles n'ont aucune idée, ete. » ; Félicité croit pouvoir négliger ces propos qui se rétorquent avec force contre l’athéisme : s’il existe un fanatisme religieux. il est aussi un fanatisme irréligieux : l’homme est partout le même. Ainsi la seule partie solide de cette argumentation vient à l'appui du christianisme ; encore une fois d'Holbach — bien involontairement — a prêté des armes à l’apologiste.

Même lorsque le développement tout déclamatoire et hostile à la religion — fondé d’ailleurs sur une observation que Féli doit trouver inexacte — n'offre nulle ressource apparente, il s’appuie du moins sur une maxime générale qui sera précieuse à cueillir, et qui, rapprochée du contexte, ne manquera pas d’ironie. Par exemple d'Holbach, traitant des funestes effets. politiques de la religion ?, veut faire accroire à son lecteur que « les flatteries sacerdotales réussissent à pervertir les Princes et à les changer en tyrans » ; «les tyrans de leur côté corrompent nécessairement et les grands et le peuple ». Il ajoute que «la Religion, loin d’être un frein pour les Souverains, les a mis à portée de se livrer sans crainte et sans remors à des égaremens aussi funestes pour eux-mêmes que pour les nations qu'ils gouvernent », — comme si le pouvoir religieux ne s'était pas opposé maintes fois aux excès du pouvoir civil ! Quelle satisfaction et quel amusement pour Félicité de recueillir sur son album,

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