Le Bon Sens, etc
8, Cf. Témoignages, p. 58.
ne le veulent pas bien fort, ou qui ne sont plus en état de le faire ‘. »
Oui, répondrait Pascal, le plus souvent; car la nature humaine est mauvaise : « Que le cœur de l’homme est creux et plein d’ordure. » Coneluez done avec moi contre l'humanité, mais non contre la religion qui seule lui apprend à se dépasser. Telle est l'attitude de Félicité; il recueille les observations de l’athée, mais sacrifie, non sans sourire, Ses malveillantes insinuations.
Et, pour finir, c’est du plus pédantesque et du plus décla matoire fragment que notre avisé Breton va tirer la formule définitive par laquelle il prend congé de son germanique adversaire. Celui-ci, longuement et consciencieusemenb. s'applique à prouver que la religion, « sous prétexte d’instruire et d'éclairer les hommes... les retient réellement dans l'ignorance et leur ôte jusqu'au désir de connoitre les objets qui les intéressent le plus ». Les objets dont la religion les sèvre, ce sont « la physique, la morale, la législation, la politique » qui, par suite des « préjugés religieux,» restent « des énigmes pour eux ? ». Vous reconnaissez ici la pensée à laquelle M. Homais fera faire, sous une forme un peu différente, si grande fortune par le monde : «Les prêtres ont toujours croupi dans une ignorance turpide où ils s'efforcent d’engloutir avec eux les populations ». Que la majeure partie des hommes, une fois délivrés de l’obscurantisme elérical, doivent s’instruire et devenir savants en physique, en morale, en législation et en politique, c’est ce que Félicité met d'avance sérieusement en doute. Aussi, l’aveu du baron d'Holbach prend-il une saveur piquante : « La religion lient lieu de tout », a-t-1l écrit. En privant de la religion ces hommes pour lesquels la physique, la morale, la législation et la politique resteront toujours lettre morte vous les priverez donc de tout, à philosophe. Et Féli note sur son album : « La religion tient lieu de tout 3. » Il quitte le baron là-dessus : c’est son coup de ehapeau final#.