Ibid., pp
3. Du 25 germinal an X (15 avril 1802). Le Moniteur du 28 germinal (18 avril) le reproduisit. Cf. SaINTE-BEUVE, Chateaubriand el son groupe littéraire, 2 vol. in-16, Paris, Calmann-Lévy, nouvelle édition, 1878, t. I, p. 281, note 2. à
4. Cf. Mémoires d'outre-lombe. Edition Biré, Paris, Garnier, t. IT, Appendice, p. 568 — V. GirauD, Chateaubriand. Etudes lilléraires, 1 vol. in-16. Paris. Hachette, 1904, pp. 93-94. — SaAINTE-BEUVE, Portr. Litt., t. II, pp. 255-256, et Chateaubriand et son groupe littéraire (nouvelle éd., 1878, Paris, Calmann- -Lévy), t. I, pp. 275 et sq.
5. V. GIRAUD, Chateaubriand. Études litléraires, pp. 98-99 et Nouvelles Études sur Chateaubriand, Hachette, 1912, p. 93-98 ; Un moraliste d’autrefois, Joubert (Revue des Deux Mondes du 15 août 1910). — C. Huir, la Vie et les Œuvres de Ballanche, pp. 25 et sq. (1 vol, in-8, Librairie Em. Vitte,
par ses voies propres, que nous apprendrons bientôt à connaître; après La Harpe, un des initiateurs du mouvement, mais qui meurt en 1803, Fiévée, Feletz, l'abbé Frayssinous, toute la rédaction du Mercure et des Débats, retranchés sur . le dix-séptième siècle où s’armant de son exemple et de sa pensée, tiennent campagne contre la philosophie et contre ses héritiers. Un reflet prolongé du grand siècle se joue, à l'aurore de cet âge nouveau, sur les plus illustres de ces fronts.
Saint-Sulpice n’ignoré rien de cette situation; nulle part on n’est mieux armé pour en profiter et, plus encore, pour y contribuer. L'abbé Emery connaît personnellement la plupart de ces hommes de talent et de goût, revenus au grand règne par un sentiment prompt et vif d’admiration pour les chefs-d’œuvre, par l’attrait du beau langage et de l’éloquence, surtout par l’adoption des doctrines reconnues salutaires!. Lui-même ne s’est jamais départi de la passion qu’il a contractée, jeune, pour la littérature et pour la pensée du grand siècle. Les lectures des étudiants, du temps qu'il était élève de théologie, dominent toujours son esprit, et inspirent l’enseignement de Saint-Sulpice sous sa direction. Si l’on étudie l'Eglise, c’est Bossuet dans le dernier livre des Variations, dans la Conférence
avec le ministre Claude, dans les Promesses de l'Eglise,
ou Nicole avec l'Unité de l'Église, les Prétendus Réformés convaincus de .schisme, les Préjugés légitimes. S'agit-il de l’Eucharistie, ce sont les ouvrages de Fénelon, la Perpétuité de la foi, le P. Petau, Bossuet dans son Sixième Avertissement aux prolestants?: « Bossuet, écrit Renan, était en tout leur oracle. » Saint-Sulpice se continue. Renan qui fut très
Lyon-Paris, 1904). L'ouvrage de Ballanche a pour titre: Du Sentiment considéré dans ses rapports avec la littérature et les arts, par P.-S. BALtANCHE Fils (à Lyon, chez Ballanche et Barret, imprimeurs, aux Halles de la Grenette, et à Paris, chez Calixte Volland, libraire, Quai des Augustins, 1801).
1. M. Emerÿ a fait faire un Abrégé du Génie du Christianisme auquel il a mis la main. Cf. Vicror GirAuD, Chateaübriand, 1904, et A. CASSAGNE, la Vie politique de François de Chateaubriand, in-8, t. I, Plon, 1912, passim.
2. MÉric, Hist, de M. Emery et de l'Église de France, ete., t. I, bp. 22-93.
3. Souvénirs d'enfance el de jeunésse, 24° édit., in-16. Paris, Calmann- Lévy, p. 212.
injuste envers lui par besoin de se justifier, et qui, parlant de Saint- Sulpice, a si adroitement mêlé les traits vécus et.
l’exacte vision des faits aux insinuations malveillantes et aux
interprétations fausses, Renan, sur ce point du moins, a vu juste : « Tout, dit-il, fut rétabli comme avant la Révolution ;
chaque porte tourna dans ses anciens gonds, et, comme d’Olier à la Révolution rien n’avait subi de changement, le dix-septième siècle eut un point dans Paris où il se continua sans la moindre modification !. » Toute la substance du dix- Septième siècle théologique, avec sa prudence, sa mesure, son génie raisonnable et sûr, a passé dans l’esprit de M. Emery | pour se déverser sur la Compagnie qu'il dirige.
Dès 1765, il avait conçu le dessein de démontrer, contre la philosophie moderne, la nécessité et la vérité de la religion par les écrits des philosophes les plus célèbres dont l histoiré ait conservé le souvenir. C’est ainsi qu'il avait publié en 1772 l'Esprit de Leibniz? dans lequel il avait su faire un choix intelligent et réunir en deux volumes les affirmations les plus
- solides et les arguments les plus sérieux en faveur de l’exis-
tence de Dieu, de l’immortalité de l’âme et de la religion chrétienne. Il avait complété son travail par les témoignages de Leibniz favorables à l’Église romaines, En. 1811, il devait
en publier un semblable sur Descartes *. Mais, s’il s’appuyait |
ainsi sur la philosophie profane du grand siècle, à plus forte raison recourait-il surtout à ses penseurs religieux.
En 1759, il s’en était aidé pour combattre le Jansénisme au grand séminaire d'Orléans où, après son noviciat à la Solilude, il avait été chargé d’enseigner la théologie dogmatique” ; et plus tard, à Lyon, dont le siège était occupé par Mgr de Montazet, qui en avait fait une des citadelles les mieux armées du Jansénisme, il avait, dans ses cours de morale, combattu la secte en s'appuyant sur les écrits du dix-septième siècle chrétien 6. Ces mêmes Jansénistes contre lesquels 1l avait lutté, en ces temps déjà lointains, avec une si tranquille fermeté, il les avait encore retrouvés plus ou moins dissimulés