‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 99 sur 504 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

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derrière les apologistes de la Constitulion civile du clergé, au commencement de la Révolution : « Disciple de Port- Royal, comme vous paraissez être », dit-il en s ’adressant au P. Lalande, de l’Oratoire, qui s’en était institué défenseur. M. Emery se prononce hautement contre la Constitution civile dans les deux lettres qu’il dirige contre cetoratorien, en invoquant les Condren, les Bérplle, qui avaient illustré le premier âge de la Congrégation de l’'Oratoire, et qui se montrent si éloignés des : sentiments. de leur indigne successeur !, L'année suivante, voulant fixer la doctrine de P Église sur le Pouvoir à une époque où les secousses imprimées à l'édifice social paraissaient de plus en plus menaçantes, © est encore au dix-septième siècle qu'il avait fait appel, en publiant ses Principes de Bossuel et de Fénelon sur la souveraineté*. Les écrits publiés par lui dans cette période de reconstruction sociale qu interrompit Fruetidor, comme son Entretien sur les préjugés du temps contre la religion (1796), s’inspirent aux mêmes sources. En 1800, à l'heure même de la renaissance religieuse, et lorsque Saint-Sulpice, sous sa direction, commence à sortir de ses ruines, il acquiert des manuscrits de Fénelon, entre autres une belle dissertation inédite sur l'autorité du pape; il presse vivement M. de Bausset, “vêque d’Alais, d'écrire la vie de Fénelon, et non seulement il Ly décide, mais il laide de ses conseils, il le guide, et Jusqu'en 1808, date de la publication, 1l l'inspire 3, 11 l'encourage alors à entreprendre la vie de Bossuet, et réussit à l’y dore Les manuscrits de Fleury, qu'il avait découverts dans ses explorations avec M. Garnier chez les libraires de Paris, offraient, à ses yeux, cette très haute valeur, d'assurer contre Les calomnies intéressées la réputation religieuse du dix-septième siècle français. Car il avait été frappé d’apprendre, en lisant les Anecdotes sur l’Assemblée de 1682, recueillies par Fleury, que Bossuet, l’ami de cet historien, aurait désiré que l’on s’abstint de traiter dans cette assemblée la question de l'autorité du Pape; qu'il fit écarter, par son heureuse intervention, un projet de déclaration de l’évêque de Tournai, contraire à l’infaillibilité et à l’indéfectibilité même du Saint-Siège ; et que le quatrième article de la Déclaration 1. Méric, Hist. de M. Emery, etc., t. I, pp. 196-226.

2. Un vol. in-8, Paris, 1791. ; 3. MÉRic, Hisi. de M. Emery et de l'Église de France, etc.,t.W, pp.182-198.

votée par le clergé était susceptible d’une interprétation favorable à la puissance du vicaire de Jésus-Christ!. En étudiant les manuscrits de Fleury, il en avait recontré beaucoup qui n'avaient jamais été publiés, ou qui avaient été altérés par la mauvaise foi des jansénistes et des ennemis de la papauté. Il y admira la droiture et la correction de ses sentiments sur la doctrine condamnée de Jansénius, sa modération et sa réserve pleine de sagesse dans Pappréciation de la Déclaration du clergé de France en 1682, sa sévérité légitime à l'égard des actes injustes des Parlementaires qui couvraient du masque de la liberté leurs violentes attaques contre les droits de l'Eglise et du Saint-Siège?, de ces hommes «qui ne s'opposent à la nouveauté », disait Fleury, « que quand elle est favorable au pape ou aux ecclésiastiques, et font peu de cas de l'antiquité, quand elle choque les intérêts du Roi ou des particuliers laïques ? ».

Ainsi M. Emery trouvait dans le dix-septième siècle le point d'appui à la fois traditionnel et raisonnable dont il avait besoin pour résister à toutes les tentatives d’usurpation sur le pouvoir spirituel. Lorsque Napoléon, devenu empereur, manifesta l'intention de transformer le clergé en une milice à son service, le supérieur de Saint- Sulpice fit tous ses efforts pour lonnier sur les principes inviolables de l Église contre lesquels il allait vainement se heurter, en même temps que pour maintenir dans le clergé l'intégrité de la doctrine. Dénoncé à la police et poursuivi après la publication des opuscules de Fleury, il répondit très adroitement à Fouché que les reproches qui lui étaient adressés étaient bien peu fondés ; sans doute, il avait déclaré que l’autorité du Pape est souveraine, et qu’elle s'élève au-dessus de tout, quand il s’agit de maintenir les règles et de faire respecter les canons ; mais on ne pouvait défendre le Concordat et tous les changements qui venaient d’avoir lieu dans l'Eglise, que d’après ce principe #. Interrogé plus tard, il aimait énergiquement la suprématie pontificale, invoquant le discours de Bossuet sur l’unité de l’Église, et le préambule de la Déclaration de 1682 : « Vous avez vu M. Bossuet, écrira-t-il au cardinal Fesch

1. MÉric, Aisi. de M. Emery, etc., L. Il, pp. 233-234 2. Ibid.

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